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12/01/2013

LETTRE OUVERTE A François HOLLANDE

 

Monsieur Le Président de la République,

fond sehit_modifié-3.jpgJe me présente, je suis française d'origine Kurde. Je suis née dans un petit village d'un "certain pays" qu'on ne nomme pas encore ou peut être timidement le Kurdistan.
 

 

Notre histoire a commencé il y a des années, voire même des décennies.

La non reconnaissance de l'État Turc de notre culture, de notre langue, de nos terres est, pour nous, un refus de celui-ci, de notre existence. Je ne vais pas reprendre l'histoire des kurdes dans cette lettre.
Cependant, l’évènement de ce 09 janvier 2013 nous plonge, nous le peuple Kurde ainsi que l'humanité en entier, dans la colère et l'incompréhension. Nous sommes des milliers de Kurdes à avoir fuit notre pays car nous étions persécutés par l'État turc pour notre religion (l'alévisme) ou notre culture. Nous n’avions pas le droit de parler kurde avec nos aïeux, de suivre un enseignement en kurde, d’écouter de la musique kurde et tout simplement de dire que nous étions kurdes. Aujourd’hui, nous sommes dans le regret de voir que nous sommes à nouveau rattraper par cette haine qui ne cesse de nous suivre, jusqu’ici, dans notre terre d’accueil où nous pensions être en sécurité et surtout libres d’être Kurde, d’être nous mêmes. Il est temps de dire « STOP » !

Le pays des Droits de l'Hommes doit intervenir. Monsieur le Président, nous sommes peut être pas tous Français, mais nous vivons en France et respectons les lois de ce pays comme tout citoyen français et avons des droits et des devoirs comme tout être humain.
La mort de ces trois femmes Kurdes, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Soylemez, dans des conditions inhumaines, est insupportable pour ce peuple en détresse. C'est l’exécution de notre peuple. Un combat de toujours qui ne cessera pas …

Il est vrai qu'elles font parti d'une minorité mais ne sont-elles pas elles aussi comme vous et moi les filles de leurs parents, des sœurs ou simplement des mères ? La douleur ressentie n'est-elle pas la même ? Le peuple Kurde est profondément anéanti depuis des décennies, dois-je comprendre que cela ne s'arrêtera pas ? Cette affaire n'est plus limitée à la Turquie, Monsieur le Président, c'est une affaire qui nous touche de très près, aussi bien le peuple Kurde mais également le peuple Français. Devrions nous nous sentir menacé, ici aussi ?

Monsieur le président, j'ai voté pour vous croyant à un espoir, encore une fois le peuple Kurde sera-t-il déçu et laissé de côté ? Et sera-t-il considéré toujours comme une "simple minorité" ?

Je vous le demande, Monsieur le Président, serons nous, à nouveau, oubliés dans quelques jours lorsque les médias ne parleront plus de cette découverte macabre.... Monsieur le Président allez-vous enfin contrairement à vos prédécesseurs porter la voix des kurdes ?

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, de mes respectueuses salutations.

05/02/2010

"CRIME D'HONNEUR" ENCORE UNE VICTIME

"Crime d'honneur" encore  une jeune fille enterrée vivante !

 

crime d'honneur.jpg Turquie : Une jeune fille de 16 ans a été enterrée vivante par ses proches, un crime commis dans le sud-est de la Turquie pour laver l'honneur de la famille qui la soupçonnait de fréquenter des hommes, rapporte jeudi par les source locale, citant les conclusions d'une autopsie.

"Medine Memi a été retrouvée en position assise dans une fosse de 2 mètres de profondeur et les analyses ont révélé l'existence de terre dans ses poumons et son estomac, ce qui signifie qu'elle a été enterrée de son vivant",

"La jeune fille avait les mains ligotées et était vivante et consciente au moment de ce crime macabre", a dit ce responsable de l'institut de la médecine légale de Malatya, dans le sud-est anatolien peuplé majoritairement de Kurdes, ville voisine de Kahta, où s'est produit le crime.

Son corps a été retrouvé dans le jardin de la maison familiale en décembre après que la victime a été portée disparue pendant plus d'un mois.

Le père et le grand-père de l'adolescente ont été arrêtés mais ont gardé le silence, selon même source locale.

Le gouvernement et les associations ont accru leurs efforts au cours des dernières années pour mettre un terme aux crimes d'honneur, qui font de nombreuses victimes chaque année. Les sondages montrent qu'ils bénéficient encore d'une large tolérance dans les zones kurdes où ils sont le plus souvent commis.

La Turquie, sous la pression de l'Union européenne, a renforcé les peines contre les auteurs de crimes d'honneur qui peuvent désormais être condamnés à la prison à vie.

 

10/06/2009

UN NOUVEAU PROFIL FEMININ SE DESINE EN KURDISTAN!

Kurdistan de la Turquie ! Un nouveau profil féminin se dessine à Diyarbakir.

 

 
Dans un article datavuk degil kadiniz.jpgté du 03 juin 2009, Oral Çalışlar, journaliste chez Radikal, observe l’apparition des femmes kurdes en politique qui, si elles s’opposent à  la répression employée par les autorités politiques et militaires turques et s’emploient à la préservation de leurs identités, s’opposent également à la domination patriarcale à laquelle elles sont soumises, comme toutes les femmes de ce monde. Une observation intéressante, bien qu’ incomplète et rapide, et qui manifeste un visage autre que celui constamment éclairé par les médias qui préfèrent étudier le peuple kurde en tant que composante “primitive” et soumise à un système féodal, écartant de vue la naissance de mouvements féministes qui, parmi le peuple kurde, luttent contre le système patriarcal.

Le mouvement féministe chez les Kurdes [du Kurdistan Nord] apparait concomitamment à la naissance du PKK et des mouvements contestataires et révolutionnaires qui déjà revendiquaient l’indépendance des femmes et la fin du système patriarcal, l’autorisation du vote pour les femmes établie par Ataturk ne suffisant pas. Des revendications  certes difficiles à mettre en oeuvre mais qui ont permis l’apparition des femmes kurdes en politique et leur élection. Notons qu’il existe  parmi les mouvements politico -militaires en Turquie et notamment au sein du PKK, une branche armée spécifiquement féminine.

Le combat des femmes kurdes se fait et se mène en parallèle au combat du peuple kurde. Il y a  entre les deux mouvements un point de convergence qui permet et facilite l’accession des femmes kurdes sur la sphère publique mais qui peut, également paralyser le mouvement à plusieurs égards….

Oral Calislar: Diyarbakir’daki yeni kadin profili

A Diyarbakir, dans un hôtel, nous nous préparions à partir au Parc Ekin après le petit déjeuner pour assister à une manifestation exclusivement féminine. Les femmes vont protester contre la récente arrestation de 23 femmes membres du DTP et leur manifester leur solidarité. J’ai demandé si Ahmet Türk allait participer à la manifestation. “Non, non elles ne l’accepteront pas de toute façon” m’a-t-on répondu.

C’était une réunion de femmes pour laquelle même le leader du DTP n’était pas le bienvenu. A propos de cette manifestation exclusivement féminine- où les hommes ne sont pas acceptés, certains se demanderont sans doute s’il ne s’agit pas là d’une nouvelle forme de conservatisme mais il suffit de rencontrer ces femmes pour voir que  cette pensée est erronée.

Lorsque nous sommes partis, traditionnellement vêtus, à cette manifestation exclusivement féminine qui a pour thème «la Liberté pour les Femmes », une femme, normalement vêtue, nous a arrêté et nous a dit quelque chose en kurde. Il était clair, de par son attitude, qu’elle ne nous laisserait pas entrer.

L’autorisation nous a été accordée après que mon ami collègue, Aziz, lui ait répondu en kurde que nous étions journalistes.

Eparpillées sur l’ensemble du parc, les femmes, organisées en des groupes différents, produisaient des spectacles différents. Une partie d’entres elles dansaient le halay sur des chansons de révoltes. L’autre partie allongée sur le gazon observait l’entourage. Certaines portaient des pancartes en kurde et en turc par lesquelles elles revendiquaient leurs libertés.

Des femmes venues de quartiers différents et vêtues différemment, entraient dans le parc en scandant des slogans. Les jeunes garçons qui cherchaient à entrer dans le parc étaient refoulés.

***

La tradition étant, les Kurdes sont un peuple où domine l’homme. Les crimes de sang se pratiquent essentiellement dans les régions peuplées par les Kurdes. L’échanges de femmes, le mariage forcé de très jeunes filles… etc, ces habitudes sont encore fortement ancrées dans la région.

A la suite du massacre perpétré dans le village de Zanqirt près de Mardin, beaucoup ont écrit sur les codes ethniques des Kurdes, il y a eu un certain nombre d’analyse relative à leur aspect primitif. Seulement, on ne peut observer le panorama réel des Kurdes si l’on ne prend pas en compte, dans ces analyses, l’autre visage…

Voilà l’autre visage des Kurdes: parmi les 21 députés membres du DTP, 8 sont des femmes. Soit plus d’un sur trois. De même, parmi les maires, 14 sont des femmes. Soit plus de la moitié. Cette guerre de 25 ans qui a commencé avec des revendications identitaires, est certes responsable des peines et destructions dans la région mais a aussi ouvert la voie à de profonds changements et transformations dans la région.

Cette guerre, ces conflits, ces disparitions, ces crimes impunis ont été encore plus gravement vécus par les femmes. Les destructions ont davantage bousculé la vie de ces femmes. La femme kurde - qui autrefois ne pouvait sortir son visage de la porte de la maison, qui avait intériorisé la position dominatrice de l’homme- a acquis une nouvelle identité, a vécu un grand changement durant cette longue et triste période. Alors que la plupart ne pouvaient sortir de la maison, elles ont été chassées de leurs villages et de leurs bourgs par les autorités. Elles ont vécu le malheur de perdre leur fils, leur fille, leur mari.

C’est cette imkeça kurda.jpgpuissance, ce désespoir qui a dessiné, dans la région, un nouveau profil féminin. Une femme qui se révolte, se rebelle, qui cherche ses droits. Qui a remis en cause la domination masculine. Qui a eu connaissance du visage oppressif et cruel de la virilité. Qui a appris à se rebeller contre les viols et les harcèlements sexuels. Désormais, elle descend dans la rue, elle est parmi les mandataires, les représentants qui face à l’oppression de l’Etat, revendiquent les libertés. Les conditions difficiles qui lui ont été imposées l’ont conduite dans les rues, les manifestations. Dans ce contexte, elle a commencé à entrer en conflit avec la culture machiste. Elle a commencé à remettre en cause la mentalité traditionnelle selon laquelle l’homme serait son supérieur.

Certains d’entre vous seront étonnés si je dis que dans notre pays, c’est la femme de la région du Sud Est  qui a connu le plus grand changement. Vous comprendrez mes propos dès lors que vous aurez participé à une manifestation à Diyarbakir, à Şırnak, à Siirt, à Hakkari. Vous serez témoin du courage avec lequel les femmes membres du DTP interrogent la domination masculine. Sans doute en seriez  vous même étonné.

KAMER est une association de solidarité pour les femmes qui s’est organisée dans la région. La présidente de KAMER, Nebahat Akkoç, en créant de multiples foyers, a développé la solidarité entre les femmes.

Nous pouvons dire que le conservatisme traditionnel avec  la domination masculine qui prévalait dans le Sud Est s’est progressivement sécularisé. L’apparition d’un nouveau type de femme tend à le démontrer. Elles deviennent plus efficaces en politique et changent l’image de la femme jusqu’alors soumise au sein du foyer. Ce n’est pas être injuste que de reconnaître la femme comme le symbole le plus vif du modernisme kurde.

 

05/05/2009

NON A L'OPRESSION DES FEMMES

    femme en iran.jpg   1 MILLION DE SIGNATURES CONTRE LA LAPIDATIONstop violance au femme.jpg

A l’aube du 21ème siècle les massacres  et les exactions perpétrés à l’encontre des femmes se perpétuent,, ouvertement où dans l’ombre . Nous savons que le sort  des femmes et le respect de leurs droits donne la mesure du niveau de démocratie d’une  société. Malheureusement   aujourd'hui les femmes sont  victimes d’un bout à l’autre de la planète de persécutions et de meurtres.

Elles sont poursuivies, jugées,  condamnées au nom de la  religion, au nom des traditions, au nom de  lois rétrogrades. La sentence la plus  abominable   est la lapidation. Des femmes  accusées d'adultère sont condamnées à mort par jet de pierres. Cette atrocité  est encore légale et pratiquée  dans de nombreux  pays tels que  l'Iran, l'Afghanistan, l'Afrique, le Pakistan, le Kurdistan d'Irak, l'Arabie Saoudite,et encore d'autre pays en Moyen-Orient, bien que ces Etats se réclament et soient signataires de conventions internationales.

Au nom POLIS DAYAGI VE KURT KADINI.jpgde la défense des droits humains fondamentaux  au nom des droits des femmes à la liberté, à la sécurité , à la dignité, à l’intégrité ,  nous disons NON   à l’oppression des femmes, NON au contrôle de leur corps et de leur vie, et à sa manifestation  extrême, la lapidation.

Nous demandons l’interdiction immédiate de cette pratique inhumaine et  exigeons  qu’elle soit  reconnue comme crime contre l'Humanité.

Nous en appelons aux  Nations Unies et aux Institutions internationales,  d’une part pour faire pression sur les Etats  qui légitiment la lapidation. Afin qu’ils  la criminalisent, d’autre part  pour  engager  des campagnes de sensibilisation sur cette question.

http://www.stopthestoning.com/Petition/index.php?dil=French

 
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