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25/01/2010

DES DETAILS TERIFIANTS D'UN DES PUTSCH PREPARE PAR L'ARMEE TURC

"Turquie, un coup de masse sur la tête"

L’armée aurait préparé un putsch en 2003 contre le pouvoir “fondamentaliste”. Des détails terrifiants qui jettent le trouble et, surtout, ravivent des souvenirs.
Les précédents portaient des noms plus anodins, presque poétiques : ‘‘Clair de lune’’, ‘‘Demoiselle blonde’’, ‘‘Scintillement marin’’ ou encore ‘‘la Cage’’... Sans oublier le plan dit ‘‘d’éradication du fondamentalisme’’ signé par un colonel d’active, l’investigation sur une tentative d’assassinat par des militaires du vice-Premier ministre Bülent Arinç dite ‘‘la Chambre cosmique’’, et le procès en cours du vaste réseau ultra-kémaliste Ergenekon (du nom d’une vallée mythique berceau du peuple turc)...

Mais le dernier projet supposé de coup d’Etat militaire dépasse les autres tant par son nom évocateur - ‘‘la Masse’’ (marteau de forge, ou casseur de pierre) - que par son scénario effrayant, révélé avec force détails par le journal "Taraf". Le quotidien, qui s’est fait une spécialité des révélations sur les desseins séditieux de l’armée turque, a immédiatement été sommé de justifier ses allégations et a remis au procureur ‘‘plus de 5 000 pages’’ de documents et les enregistrements en sa possession, après dépôt d’une plainte.

En fait, l’état-major n’a pas démenti l’existence d’un tel plan; il l’a même confirmée. Selon sa version, il s’agissait d’une ‘‘simulation’’ visant à ‘‘tester la force du régime constitutionnel face à une tentative de putsch’’ et à ‘‘une menace extérieure’’. Le général Çetin Dogan (alors commandant de la 1e Armée basée à Istanbul, aujourd’hui en retraite), auteur de ce plan machiavélique, s’est d’abord justifié en estimant que ‘‘bien sûr l’Armée élabore de tels scénarios pour répondre à des menaces intérieures et extérieures’’, avant de réfuter toute volonté de passer à l’acte.

Tout devait commencer, selon "Taraf", par deux opérations baptisées fort à propos ‘‘Burqa’’ et ‘‘Barbe’’ : des bombes devaient exploser dans les mosquées Fatih et Beyazit d’Istanbul durant la grande prière du vendredi. Devaient s’en suivre des manifestations islamistes et un attentat contre le musée de l’Aviation à Yesilköy, près de l’aéroport. Parallèlement, un avion des Forces armées turques aurait été abattu pour faire croire à une attaque grecque. Toujours selon ce plan, près de 250 000 personnes devaient être parquées dans des stades et des sites industriels précisément identifiés. Parmi eux, trente-six journalistes connus pour leur hostilité aux militaires

Au-delà de leur caractère terrifiant, la précision de ces détails inspire d’autant moins d’incrédulité que l’opinion publique s’est familiarisée, ces dernières années, avec l’idée que l’armée aurait fomenté plusieurs tentatives de déstabilisation, voire de véritable putsch, pour se débarrasser de l’AKP, accusé de visées fondamentalistes.

Aucune de ces révélations n’a encore été étayée par la Justice, faute de conclusion des instructions et procès en cours. Mais chacun a en tête les images des nombreuses caches d’armes de guerre découvertes depuis 2007 un peu partout dans le pays, devant servir à aider un soulèvement de ‘patriotes’, comme tente de le vérifier le procès du réseau Ergenekon. Et chacun se souvient surtout du dernier coup d’Etat militaire de 1980, qui aurait inspiré le complot appelé ‘‘la Masse’’, selon "Taraf". Ce mauvais souvenir a d’ailleurs poussé des milliers de personnes à manifester, dimanche, dans plusieurs villes du pays ‘‘contre les putschistes’’.

Le Premier ministre Tayyip Erdogan n’a en tout cas pas feint de jouer les étonnés, puisqu’il déclarait vendredi que ‘‘bien sûr, il était au courant de l’existence de ce complot’, qu’il ait été ourdi à des fins purement pédagogiques ou pour être mis en pratique, dans les premiers mois après l’installation de son gouvernement, entre la fin 2002 et le printemps 2003. (La Libre Belgique, Jérôme Bastion, 25 janvier
2010)

21/01/2010

LES HAUTS INTERETS CORRIGENT LA BASSE DIPLOMATIE ENTRE LA TURQUIE ET L'ISRAEL

Israël et la Turquie annoncent la poursuite de leur coopération militaire

Israël GAZA.jpget la Turquie ont annoncé dimanche la poursuite de leur coopération militaire, lors d'une visite du ministre israélien de la Défense Ehud Barak, mais Ankara ne s'est pas engagée à cesser ses critiques contre Israël, qui empoisonnent les relations bilatérales.

"Je termine cette courte visite avec plus de confiance dans le fait que certains hauts et bas dans nos relations pourraient et devraient être corrigés", a déclaré M. Barak à la presse.

"Nous pouvons continuer à suivre la tradition qui a été la nôtre d'une bonne et amicale coopération et compréhension", a-t-il ajouté.

Son homologue turc Vecdi Gönül a assuré qu'"il y aura d'autres projets de défense" commun, mais sans dire lesquels.

M. Barak, qui est également vice-Premier ministre, est le plus haut responsable israélien à avoir effectué une visite en Turquie depuis l'offensive israélienne massive contre Gaza l'hiver dernier, qui avait été condamnée par le gouvernement islamo-conservateur turc.

Il s'est entretenu pendant trois heures et demie avec le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu, mais n'a été reçu ni par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, ni par le président Abdullah Gül.

La Turquie, pays musulman mais laïque, a longtemps fait figure d'allié régional d'Israël, après la signature en 1996 d'un accord de coopération militaire, au grand dam des pays arabes et de l'Iran.

Mais les relations se sont nettement dégradées après l'offensive israélienne contre Gaza, violemment critiquée par M. Erdogan qui ne cesse depuis de s'en prendre à Israël.

"Nous vivons dans la même région et partageons les mêmes intérêts", a ajouté M. Gönül, précisant cependant: "Nous sommes des alliés stratégiques tant que nos intérêts nous poussent à devenir de tels partenaires".

Un diplomate israélien a déclaré à la presse à l'issue de cette visite d'une journée qu'"il n'y a pas eu d'engagement ferme de la Turquie de mettre une sourdine à ses critiques contre Israël".

"On verra avec le temps", a-t-il ajouté sous couvert de l'anonymat.

Une crise diplomatique a éclaté lundi entre les deux pays, lorsque l'ambassadeur de Turquie à Tel-Aviv a été convoqué par le ministre adjoint israélien aux Affaires étrangères, Danny Ayalon, qui voulait protester contre la diffusion par une télévision privée turque d'un feuilleton jugé antisémite par Israël.

M. Ayalon a fait longuement attendre l'ambassadeur, puis l'a installé sur un canapé bas, prenant les photographes à témoin de cette mise en scène humiliante.

Le président turc a menacé de rappeler son ambassadeur, et Israël a finalement présenté des excuses mercredi.

M. Barak, dont le Parti travailliste (qu'il dirige) est favorable à la poursuite de liens étroits avec la Turquie, a tefilistin resistance.jpgnu à maintenir sa visite à Ankara en dépit de cet incident.

Concernant la coopération militaire, le ministre turc a expliqué que "ces dernières années, les deux pays ont achevé 13 projets dans l'industrie de la défense" et que "six sont en cours d'éxécution".

Parmi eux figure "la modernisation des chars M60" turcs, a-t-il dit, précisant que les 14 derniers chars (sur un total de 170) seront remis à la Turquie en février.

Concernant l'achat prévu de dix drones israéliens de type Heron, il a expliqué que "six seront livrés à la Turquie d'ici mars, et les quatre derniers d'ici juin".

Depuis l'accord de 1996, les deux pays ont signé de nombreux contrats d'armements et effectuent des manoeuvres militaires conjointes.

Mais en octobre, Ankara a exclu Israël à la dernière minute de manoeuvres aériennes internationales en Turquie, dans un nouveau coup de froid bilatéral.

20/01/2010

IRAN: PROCUREUR TUE PAR PJAK

Iran: Un procureur tué par des Kurdes

POTENCE DES KURDE.jpgL'assassinat du procureur de Khoy, dans le nord-ouest de l'Iran, a été revendiqué par des séparatistes kurdes, ont fait savoir mardi les autorités judiciaires locales. Le procureur, Vali Haji Gholizadeh, a été abattu par balles la veille devant son domicile de Khoy, dans une province frontalière de la Turquie. "Sur la foi des informations obtenues, le mouvement PJAK a revendiqué la responsabilité de l'assassinat du procureur de Khoy", a déclaré Mohammed Ali Mousavi, chef des services du procureur.

Un procureur a été tué par balles aujourd'hui dans la ville de Khoy, dans le nord-ouest de l'Iran, où le gouvernement lutte depuis plusieurs années contre des groupes séparatistes de la minorité kurde, a rapporté l'agence Fars.

"Vali Haji-Gholizadeh a été tué devant la porte de son domicile", a indiqué l'agence, précisant que le procureur de la ville, située près de la frontière turque, "avait été l'objet de menaces ces derniers jours".

Selon Fars, les meurtriers se sont échappés sans laisser de trace.
"Il avait un très bon bilan dans la lutte contre les contre-révolutionnaires, l'expropriation de terrains et la corruption", a souligné l'agence.

Les régions frontalières avec l'Irak et la Turquie, où vivent des minorités kurdes, sont le théâtre d'affrontements périodiques entre les forces armées iraniennes et le Pejak, basé dans le nord-est de l'Irak.

Le Pejak est lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui lutte depuis 1984 contre le gouvernement turc dans le sud-est anatolien.

L'Iran accuse les Etats-Unis de soutenir le Pejak, ainsi que d'autres organisations ethniques aux frontières de l'Iran, ce que Washington a toujours démenti.
Les Kurdes représentent environ 7% de la population en Iran qui compte 70 millions d'habitants.

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L'ANCIEN TUEUR DE LOUPS GRIS M.ALI AGCA

L'assassin Mehmet Ali Agca est en liberté avec ses mystères
 
Plus de 200 journalistes turcs et internationaux, ainsi qu’un petit groupe de sympathisants avec tambours et clarinettes, attendaient l’ancien héros des Loups gris (groupe ultranationaliste armé) à la sortie de la prison d’Ankara. Après trente d’ans d’emprisonnement en Italie puis en Turquie, Mehmet Ali Agca, 52 ans, qui avait tenté de tuer Jean Paul II le 13 mai 1981 place Saint-Pierre, est de nouveau un homme libre. Il n’aura même pas à faire son service militaire, obligatoire pour tout citoyen de plus de 18 ans : emmené à l’hôpital militaire il a reçu notification de son exemption. Un précédent rapport avait évoqué «des troubles graves de la personnalité».

La folie, vraie ou simulée, est peut-être sa meilleure garantie de survie, car le mystère autour des réels commanditaires de l’attentat contre le pape reste aujourd’hui encore entier. On avait évoqué le KGB, agissant au travers des services bulgares manipulant des mafieux turcs pour éliminer ce pape polonais qui soutenait Solidarnosc. Les accusations sur la «piste bulgare» se sont finalement effondrées. L’ancien tueur des Loups gris - assassin en Turquie du patron du grand quotidien Milliyet, puis évadé de prison en 1979 avant de partir pour l’Italie - garde ses secrets. Et, depuis longtemps, il dit n’importe quoi. «Il a une immense capacité d’inventer des scénarios, mais tous sont pleins de contradictions», affirme Hayri Kozak, haut responsable de la police d’Istanbul. «Il est sûr qu’il n’agit pas tout seul. Mais on ne sait pas encore exactement pour qui il travaille», renchérit Saygi Ourztk, auteur d’un livre sur Agca, le Messie tâcheron.«Le messie» : c’est ainsi qu’il se présente depuis son procès en Italie. Il signe ses lettres «Au Nom de Dieu, Le Messie Mehmet Ali Agca» et clame «vouloir réécrire le Nouveau Testament, qui est plein d’erreurs».

Ses futures interviews, il les négocie à prix d’or et ses avocats assurent qu’il a reçu des propositions d’Hollywood. Lui, converti en prison, clame son désir «de vivre et de se marier en Italie comme un bon chrétien». Il veut aussi faire le tour du monde avec une étape à Rome pour se recueillir sur la tombe de Jean Paul II. Après deux ou trois jours de repos à Ankara, Agca ira à Istanbul et pourrait organiser une conférence de presse dans un hôtel de luxe. Assaillis par les médias, ses parents ont quitté il y a une semaine leur ville de Malatya, dans le sud-est, et Ali Agca les rejoindra dans une villa louée à Istanbul par un ami inconnu. Il continue ainsi de recevoir le soutien de mystérieux protecteurs. Et nombre de chroniqueurs de la presse turque estiment aujourd’hui que la justice devrait enquêter sur les liens d’Agca avec ces réseaux paramilitaires ultranationalistes de «l’Etat profond», c’est-à-dire qui échappe au contrôle des institutions démocratiques.

10:32 Publié dans CRIME | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

 
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