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06/07/2012

Rafle de 71 syndicalistes kurdes en Turquie

kesk.jpgRafle de 71 syndicalistes kurdes en Turquie

Le régime turc a arrêté lundi 25 juin plus de 70 syndicalistes kurdes lors des opérations policières menées simultanément dans seize villes, visant tous les syndicats opposants au sein de la confédération KESK.

 

La police du régime AKP, parti au pouvoir du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, a fait une décente dans les locaux de la Confédération des syndicats des fonctionnaires publics (KESK), du syndicat des travailleurs du secteur de la santé et des services (SES), du syndicat des travailleurs municipaux (Tüm Bel-Sen) et ceux du syndicat des enseignants Egitim-Sen. Il s’agit des syndicats opposants les plus actifs et les plus organisés qui refusent de se soumettre à la politique antisociale du gouvernement répressif.

 

Les opérations ont été menées dans seize villes dont Istanbul, Ankara, Izmir et Diyarbakir. Parmi les 71 responsables et membres de la confédération KESK figurent le président de la KESK Lami Ozgen, le secrétaire général du syndicat SES Siddik Akin et le secrétaire général du Tum-Bel-Sen Izettin Alpergin.

 

La plus grande prison du monde pour les syndicalistes

 

Les arrestations ont été effectuées dans le cadre de l’affaire KCK, lancée en avril 2009, quelques semaines après le succès historique du parti kurde lors des élections municipales. Visés par cette affaire, 39 dirigeants et membres de la confédération se trouvent déjà derrières les barreaux, ce qui fait la Turquie la plus grande prison du monde pour les syndicalistes.

 

Plus de 8 mille membres actifs du principal parti kurde BDP sont en prison dans le cadre de l’affaire KCK, sans parler de milliers d’autres arrestations sous prétexte de « lutter contre le terrorisme ». Parmi eux figurent 200 élus du principal parti légal kurde BDP dont 35 maires sur 98 et six députés sur 36 sont en prison, sans parler de milliers d’autres membres incarcérés de ce parti.

 

Opération putschiste

 

Plusieurs manifestations ont été organisées à travers le pays pour protester contre les arrestations de syndicalistes. « Le seul crime de nos amis, c’est d’avoir lutté pour le droit syndical, la liberté, la paix et pour la démocratie » a affirmé Ismail Hakki Tombul, le secrétaire général de la confédération, lors d’une manifestation organisé à Ankara. Il a dit que le point commun entre les syndicalistes arrêtés est qu’ils sont tous kurdes.

 

« C’est une opération putschiste dans le cadre de la politique fascisante du gouvernement AKP pour la réorganisation du pays » a dénoncé de son coté le BDP dans un communiqué. «Le gouvernement AKP veut réduire au silence tous ceux qui ne pensent pas comme lui, ceux qui s’opposent à lui, avec des opérations illégitimes » ajoute le communiqué.

 

« Les kurdes sont le moteur de la lutte pour la démocratie. La politique raciste et discriminatoire continue (…) Le gouvernement AKP mène une politique ouvertement raciste envers les kurdes » a dit par ailleurs la co-présidente du BDP Gultan Kisanak.

 

Deux jours plutôt, le 23 juin, le Congres Démocratique des Peuples (HDK) et le Parti socialiste des opprimés (ESP) ont fait également l’objet d’opérations policières. Huit personnes dont deux journalistes socialistes ont été arrêtées. Cinq d’entre elles ont été placées en détention après avoir comparu devant un tribunal d’Ankara le 25 juin.

 

 

 

05/07/2012

Procès du KCK: la liberté de recherche menacée (3)

 

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Le procès de l'Union des Communautés du Kurdistan (KCK) se poursuit jusqu'au 13 juillet. Intéressons-nous aujourd'hui à l'un des aspects de ce procès-monstre pour lequel comparaissent 205 personnes: la liberté de recherche.

Parmi les principaux accusés figureBüsra Ersanli, figure respectée du monde universitaire turc et connue pour ses travaux dérangeants sur le récit historiographique turc dans les livres scolaires. Cette professeure de sciences politiques et de relations internationales à l'UniversitéMarmarad'Istanbul est détenue depuis plus de 8 mois et risque de 15 à 22 ans de prison pour "direction d'une organisation terroriste". Engagée dans la défense du droit des minorités et dans la recherche d'une solution politique à la question kurde, Büsra Ersanli s'était rapprochée du parti kurde légal BDP (Parti pour la Paix et la démocratie) et intervenait de temps à autres comme oratrice dans l'Académie politique du parti. "Son acte d'accusation ne fait qu'inventorier les activités ordinaires de n'importe quel chercheur : déplacements scientifiques à l'étranger, conversations téléphoniques avec des journalistes, études comparatives sur différentes constitutions européennes ou articles parus dans des journaux scientifiques", selon le GIT.

 

"Elle ne cautionne absolument pas la violence ou la lutte armée. Büsra, c'est tout le contraire. C'est quelqu'un qui met en accord ses convictions et son activité professionnelle. Si l'AKP lui avait proposé d'intervenir dans son académie politique, elle aurait également accepté", fait remarquer l'une de ses collègues et amies, dans le bus en route vers Silivri, où se tient le procès. Lundi, une quarantaine de membres duGIT(Groupe International de Travail), rassemblant des universitaires pour la défense de la liberté de recherche et d'enseignement, avaient fait le voyage. Lireici leur récitde l'ouverture du procès.

 

Le GIT s'est mobilisé dès l'instant où la Pr Büsra Ersanli a été arrêtée, en compagnie de l'éditeur Ragip Zarakolu ou encore de la traductrice Ayse Berktay. Hier, Le Monde a publié sur son site Internet un appel signé par de nombreux membres du GIT France :"Le grand enfermement des libertés en Turquie".

Un extrait de ce texte:"Ce genre d'accusations kafkaïennes est dirigé contre des milliers d'étudiants au sort également très préoccupant. Selon le récent rapport de l'Initiative de solidarité avec les étudiants détenus en Turquie (TODI), 771 étudiants se trouvent actuellement en détention, dont une large majorité est membre de l'organisation de jeunesse du BDP. Parmi eux, figure une autre Büsra, 22 ans, étudiante en science politique, qui dans ses lettres de prison souligne l'absurdité des accusations dont elle fait l'objet : des chansons en kurde trouvées dans son ordinateur, sa participation aux diverses manifestations et conférences de presse, etc. Comme elle, des centaines de jeunes gens se voient interdire d'étudier, soit qu'ils subissent de longues détentions préventives, soit qu'ils fassent l'objet des enquêtes disciplinaires menant souvent à leur exclusion des universités."

Le GIT a également produitun rapport, en turc, répertoriant les affaires les plus symboliques.

La très sérieuse revue Nature, a elle aussi consacréun articleà cette menace grandissante contre la liberté de recherche en Turquie. Le réseau américain "universitaires en danger" avait écrit cerapporten novembre dernier.

L'histoire de Nesrin Uçarlar, une universitaire qui se trouvait elle aussi à Silivri pour soutenir ses collègues, est exemplaire de la censure qui règne dans les universités turques. Etudiante à Marmara, elle avait déposé un projet de recherche, dès 2003, sur "les droits linguistiques des Kurdes de Turquie", un sujet hautement sensible. Le sujet fut d'abord retoqué par l'université. "Je l'ai de nouveau soumis en enlevant le mot kurde du titre et là, cela a marché", explique-t-elle. Après quelques temps, le jury de recherche qui lui avait été assigné, composé de cinq personnes, déclare que son sujet de thèse est "anticonstitutionnel", se référant à l'article 3 de la Constitution turque qui précise que: "L'Etat turc forme avec sa nation et son territoire une entité indivisible. Sa langue est le turc". En 2008, elle perd tout droit à effectuer sa thèse. Après un rapport pour un think tank sur "le Kurde comme langue maternelle", elle se voit également licenciée de son poste d'assistante professeur à l'université Yeditepe d'Istanbul, un établissement connu pour ses positions très nationalistes. Nesrin a déposé plainte devant la justice administrative mais elle a perdu son procès en premier instance, même jugement devant la Cour suprême. Un recours a été déposé en 2011 devant la Cour européenne des Droits de l'Homme.

"J'avais suivi un cours à l'université sur le nationalisme turc. Je voulais apprendre et travailler sur la question kurde. Je suis née dans le Sud Ouest de la Turquie et jusqu'à mes 18 ans, je n'avais jamais vu un Kurde", sourit-elle. "Je voulais mener une recherche critique sur le nationalisme d'Etat" (...) Pour justifier la censure de son travail, le comité scientifique de l'université avait calculé combien de fois était cité le PKK et combien de fois lui était accolé le mot "terroriste".

Son cas n'est pas isolé. La plupart des étudiants qui tentent d'aborder les questions de minorités ou qui travaillent sur l'histoire turque avec une approche scientifique sont régulièrement censurés, licenciés, mis sous pression. Les universités qui, après le coup d'Etat militaire de 1980 avaient été investies par l'idéologie militaro kémaliste et placées sous le contrôle duYÖK(Haut conseil de l'Enseignement supérieur), sont restées un lieu très politisé. L'AKP, le parti au pouvoir a même accéléré sa reprise en main des universités, dont le nombre a explosé ces dernières années.

Récemment,Ethem Tolga, le recteur de l'université Galatasaray, établissement public francophone qui fait la fierté des officiels français de passage à Istanbul, s'était illustré manière assez incroyable. Ce recteur aux convictions très nationalistes, qui n'avait pas levé le petit doigt lorsque l'un de ses étudiants,Cihan Kirmizigül, avait été placé abusivement en détention et accusé de terrorisme, s'est aplati devant les accusations portées par le journal islamiste radical Yeni Akit contre l'un de ses professeurs, Ahmet Insel, catalogué "pro Arméniens" et accusé d'avoir constitué une cellule du PKK au sein de l'université, rien de moins. Pire, M. Tolga a appelé le "journaliste" de cette publication pour se désolidariser d'Ahmet Insel et exprimer combien il n'aimait pas "les francs maçons" et se sentait proche de l'AKP.

13/03/2010

LETTRE OUVERT DES DEPUTES EUROPEENS

Kurdes : lettre ouverte des députés européens




Une douzaine de députés européens, dont José Bové et une majorité du groupe Verts / ALE dont il fait partie, viennent de cosigner une lettre ouverte aux chefs de gouvernement de l'Union européenne, pour dire tout le mal qu'ils pensaient de l'arrestation de plusieurs ressortissants kurdes la semaine dernière en France, Italie et Belgique. Parmi eux, Ali Dogan, bien connu sur le Larzac où il a contribué à la rénovation du hameau de Mas Razal à des fins culturelles au sens large (Midi Libre du 27 février et du 1er mars). « Le fait qu'une personnalité comme Ali Dogan puisse être inculpée dans le cadre de la lutte contre le terrorisme contribue à semer le doute sur le bien-fondé des opérations en cours, est-il écrit notamment dans cette lettre. Nous rappelons que la sécurité des citoyens

d'un Etat de droit se mesure d'abord et avant tout au respect de leurs droits et aux garanties qui leur sont offertes de s'en prévaloir. » Quand les villages aveyronnais retrouvent leur nom occitan Depuis déjà quelques années, les villages aveyronnais retrouvent leur nom occitan à la faveur de la mise en place d'une signalisation spécifique à l'entrée des bourgs. En 2009, le conseil général a décidé de généraliser le mouvement et a confié à l'Institut occitan (IOA)une mission sur la double signalisation, français et occitan, desdits villages.
Le programme est actuellement mis en oeuvre et devrait être totalement achevé en 2011.
C'est ainsi, par exemple, que La Couvertoirade redevient La Cobertoirada... Bibliothèque : le secteur jeunesse fermé le mardi matin Afin d'adapter les horaires à la fréquentation et de réserver ce créneau à l'accueil des classes, le secteur jeunesse de la bibliothèque municipale sera désormais fermé au public le mardi matin.

 

02/03/2010

LA LIBERTÈ DE LA PRESSE FACON TURC

La liberté de la presse  façon turc :

LE SERVEUR D’UNE  WEB-TV ALSACIENNE ATTAQUÈ


STRASBOURG (NOVOPress) : StrasTV.com, télévision locale strasbourgeoise diffusée sur internet, mettait en ligne le 13 février dernier un reportage sur la manifestation kurde qui s’était tenue le matin même à Strasbourg. Rassemblant près de 6 500 Kurdes et organisée pour la onzième année consécutive dans la capitale européenne, cette manifestation réclamait la liberté pour Öcalan, ancien chef du Parti séparatiste des Travailleurs du Kurdistan (PKK) détenu en Turquie depuis 1999.

Cette vidéo faisait son travail d’information, en reflétant sans parti pris l’ambiance de la manifestation et en donnant la parole à une militante kurde qui interpellait l’Union européenne sur la question kurde et revendiquait la reconnaissance pour son peuple. StrasTV, qui était aussi le seul média local à accorder plus de quelques secondes au sujet, a bien failli tout y perdre.

Son site internet a en effet subi quasi-immédiatement une attaque informatique massive depuis un serveur hébergé… en Turquie : « D’après les premières informations (logs serveurs), explique la rédaction dans un communiqué en date du 25 février, il s’agirait d’une attaque émanant de Turquie (via le réseau de télécommunication TurkTelekom). Cette attaque a démarré le jour de la manifestation des Kurdes à Strasbourg, après la publication du sujet de la rédaction, qui donnait simplement la parole aux manifestants. Le hacker s’est introduit dans notre interface pour y installer des scripts qui saturent notre serveur d’hébergement. Ces mêmes scripts cachés ont été activés dans la nuit de mercredi à jeudi 25 février, obligeant notre hébergeur à fermer l’accès à notre site internet. »

Aujourd’hui, StrasTV n’est plus accessible que depuis un site temporaire et lance un appel aux dons pour mettre en place une vitrine plus performante et renforcer ses systèmes de sécurité. Punie pour avoir ignoré le respect que portent les Turcs à la liberté d’expression.

Le 27 janvier 2010, la Turquie a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme pour l’interdiction de la parution de six journaux entre 2001 et 2007, au motif qu’ils critiquaient les forces de l’ordre ou se montraient trop complaisants avec le PKK.

[http://fr.novopress.info]

 

 
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