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08/07/2009

HASANKEYF 5000 ANS D'HISTOIRE

Hasankeyf, une victoire pour l’Humanité

 

“Hayê, hayê! Mizgîn! Mizgîn!*”:
hasankeyf.jpgAprès trois ans de bataille pour contester la construction du barrage, les défenseurs de l’environnement savourent “une victoire historique”. “Nous accueillons avec joie le fait que les gouvernements européens aient finalement pris au sérieux les standards internationaux pour ce projet”, a réagi l’Allemande Heike Drillisch, membre de la campagne contre le barrage d’Ilisu. “Nos recherches récentes ont montré qu’il n’y a toujours aucune solution proposée pour les 60 000 personnes qui risquent de perdre leur moyen de subsistance, ni pour la préservation de l’inestimable patrimoine culturel menacé d’inondation”, a déclaré Christine Eberlein, de la Déclaration de Berne, une ONG suisse.

Le gouvernement turc voulait encore y croire, mais les organismes créditeurs européens ne l’ont pas suivi.

Mardi 7 juillet 2009, les agences de garantie des risques à l’exportation de Suisse, Allemagne et Autriche ont annoncé leur décision de se retirer du projet de construction du barrage d’Ilisu, après avoir déjà suspendu leurs garanties pendant six mois, estimant que la Turquie n’a pas répondu à toutes leurs inquiétudes en matière de protection de l’environnement, du patrimoine culturel et pour le relogement des habitants.

“Les garanties de crédit à l’exportation de l’Allemagne, de l’Autriche, et de la Suisse pour le projet Ilisu prennent fin”, ont indiqué les organismes allemand, suisse, et autrichien de garantie des crédits dans un communiqué.

“Malgré des améliorations significatives, les demandes faites dans le cadre de cette couverture assurance en matière de protection de l’environnement, de l’héritage culturel, et de nouveaux logements ne peuvent être réalisées en fonction du calendrier prévu”, ont ajouté Euler Hermes, qui appartient au groupe allemand Allianz, ainsi que l’Assurance suisse contre les risques à l’exportation (ASRE), et l’Osterreichische Kontrollbank (OeKB) autrichien.

Les crédits bancaires pour un prêt de 1,2 milliard d’euros pour le barrage d’Ilisu, sur le Tigre, qui devaient être octroyés par un consortium international mené par l’Autriche, la Suisse et l’Allemagne, avaient été suspendus pour six mois en décembre dans l’attente de nouvelles mesures des autorités turques.

Dans sa forme actuelle, le projet, qui remonte aux années 1980, comprend la construction de 19 centrales électriques, qui généreraient 1.200 mégawatts et contribueraient, selon Ankara, au développement économique et social dans le sud-est de la Turquie.

La semaine dernière, le ministre turc de l’Environnement Veysel Eroglu avait affirmé que son pays avait rempli 47 des 89 conditions posées dans le protocole de crédit et disait s’attendre à ce que les restrictions soient levées.

Selon ses détracteurs, le projet de barrage, situé près de la frontière syrienne, doit entraîner le déplacement forcé de plus de 50.000 riverains kurdes et menace le patrimoine culturel millénaire de la ville de Hasankeyf.

Selon les créditeurs, des enquêteurs indépendants chargés du suivi des travaux estiment que les normes retenues par la Banque mondiale ne sont pas totalement respectées.

Dans la foulée, la Société Générale et ses partenaires Bank Austria et DekaBank ont à leur tour renoncé à financer la construction de ce barrage très contesté car  impliquant le départ de 54.000 personnes et menaçant  le patrimoine millénaire de la ville kurde de Hasankeyf.

Malgré la défection de ses financiers internationaux, Ankara assure qu’elle va poursuivre la construction pour réduire sa dépendance énergétique.

Pour construire ce barrage, d’un coût supérieur à 1,1 milliard d’euros, 200 villages et plus de 300 kmHASANKEYF &.jpg2 doivent être submergés dans la vallée du Tigre. L’Irak voisin, déjà sujet à une forte sécheresse, s’inquiète d’une nouvelle diminution du débit du fleuve. A la veille de l’ultime délai fixé à Ankara, Bagdad a officiellement demandé aux pays engagés de renoncer au chantier.

Plus de 60 000 habitants de la région ont été priés de quitter les lieux, ce qui fait craindre un nouvel exode vers les grandes villes. Enfin, le site multimillénaire d’Hasankeyf et ses précieux vestiges, des habitations troglodytiques, une mosquée et un pont médiéval, devaient être sacrifiés. En guise de compensation, le gouvernement turc prévoyait de reloger les propriétaires dans des pavillons modernes et d’installer une base de tourisme nautique dans le “nouveau Hasankeyf”.

PATRIMOINE MONDIAL

Le gouvernement turc a martelé son intention de mener à bien, coûte que coûte, le chantier du barrage, l’une des vingt-deux retenues d’eau du Plan de développement d’Anatolie du Sud-Est (GAP), mis en place dans les années 1980. “Même sans les crédits internationaux le barrage sera construit, si nécessaire avec nos propres ressources. (…) Nous n’avons besoin d’aucun pays pour le faire”, a déclaré le ministre de l’environnement,  Veysel EROGLU fervent partisan de cette politique de grands barrages. Selon les estimations, Ankara aurait besoin d’environ 450 millions d’euros. “Les travaux reprendront la semaine prochaine”, a annoncé le premier ministre Erdogan.

La campagne nationale pour la sauvegarde d’Hasankeyf, qui a réuni artistes et militants autour de cette opposition au barrage, réclame le classement du site au patrimoine mondial de l’Unesco pour assurer sa protection. M. Eroglu s’en est pris à “ceux qui essayent de protéger l’histoire” (sic!), a-t-il déclaré au quotidien Radikal.


Source: Le Monde, AFP, TSR.

 

01/04/2009

DIASPORA KURDE

 

Diaspora Kurde

 

Au coKURDISTAN MAP.jpgurs de leur histoire mouvementée les Kurdes ont connu une série de déportations qui aboutirent à la constitution de nombreuses colonies kurdes, parfois à des milliers de km. du Kurdistan.

Ces déportations ont laissé des traces encore vivantes dans des pays aussi éloignés que la Kirghizie, le Kazakhstan, le Yémen, la Somalie et l'Erythrée. Des colonies kurdes ayant conservé leur langue et leurs coutumes sont présentes en Turkménie (40.000), en Azerbaïdjan (150.000), en Arménie (45.000), en Géorgie (60.000), en Afghanistan (200.000), au Liban (80.000). L'une des plus importantes colonies est celle des Kurdes déportés au XVIIe siècle par le Chah Abbas au Khorassan iranien où ils sont actuellement plus d'un million et pratiquent toujours le dialecte septentrional (kurmancî). Les colonies kurdes d'Anatolie centrale, formées des tribus du Kurdistan méridional déportées par les Ottomans vers les provinces de Konya et d'Ankara conservent elles aussi leur langue et leurs coutumes.

Les événements politiques des dernières décennies ont poussé des millions de Kurdes vers les grandes métropoles régionales comme Istanbul (3 millions de Kurdes), Izmir, Adana, Mersin en Turquie, Bagdad en Irak, Téhéran et Tabriz en Iran, au point que l'on estime que près du tiers des Kurdes vivent hors du Kurdistan.

La formation d'une diaspora kurde en Europe est un phénomène récent. Dans les années 1960 des Kurdes de Turquie sont d'abord arrivés en Allemagne puis dans les pays du Benelux, en Autriche, en Suisse et en France comme travailleurs immigrés, dans le cadre des accords intergouvernementaux sur la main d'œuvre immigrée. A la suite de la Révolution islamique en Iran, en 1979, du coup d'État militaire de septembre 1980 en Turquie, du long et meurtrier conflit Irak-Iran et de la campagne d'extermination des Kurdes (Anfal) lancée par le régime irakien, des vagues successives de réfugiés politiques kurdes sont arrivées dans les pays d'Europe occidentale et dans une moindre mesure en Amérique du Nord. Le lancement à partir de 1992 de la campagne d'évacuation et de destruction des villages kurdes en Turquie, doublée d'une politique d'assassinat des élites kurdes par les escadrons de la mort des forces paramilitaires turques, ainsi que les affrontements inter-Kurdes au Kurdistan irakien à partir de mai 1994 ont amplifié l'exode kurde vers l'Europe.

Il n'existe aucun recensement rigoureux et fiable sur la diaspora kurde en Europe. Les estimations les plus courantes font état de la présence d'environ 1.7 million de Kurdes en Europe occidentale qui se répartissent comme suit :

Allemagne

800.000

750.000

France

230.000

190.000

Pays-Bas

100.000

90.000

Suisse

90.000

80.000

Belgique

80.000

70.000

Autriche

70.000

50.000

Suède

40.000

50.000

Grande-Bretagne

50.000

40.000

Grèce

20.000

25.000

Danemark

15.000

10.000

Norvège

4.000

20.000

Italie

20.000

10.000

Finlande

4.000

6.000

On compte également d'environ 30.000

 

Kurdes aux États-Unis et plus de 10.000 au Canada

La diaspora kurde d'Occident est à près de 85% formée de Kurdes de Turquie. Les Kurdes d'Irak viennent en second lieu et forment d'importantes communautés en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, aux États-Unis et en Suède. Celle-ci, en raison d'une politique d'immigration généreuse initiée par Olof Palme et d'incitations matérielles pour l'édition et la création, a su attirer une part importante de l'intelligentsia kurde tandis que l'Allemagne abrite surtout une immigration ouvrière.

La diaspora kurde joue un rôle culturel et politique important. C'est elle qui a su donner un nouvel essor à la langue écrite, à la littérature et à la musique kurde, interdites en Turquie, et susciter dans ce pays un regain d'intérêt pour la culture kurde. La diaspora kurde a également joué un rôle politique majeur pour faire connaître à l'opinion occidentale le sort des Kurdes dans les divers pays où ils sont persécutés.

Après une période de tâtonnements, la diaspora kurde, s'inspirant de l'exemple d'autres peuples, met progressivement en place ses propres institutions à la fois pour sauvegarder la langue et la culture kurdes, pour populariser la cause kurde et pour contribuer à une meilleure intégration des Kurdes dans leur pays d'accueil. Nombre de Kurdes participent désormais activement à la vie politique et culturelle de leur pays d'accueil comme écrivains, journalistes, artistes, musiciens, voire même députés.

 

 

 
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