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05/11/2009

L'ETAT TURC ESSAIE DE TROMPER LES KURDES

Karayilan: "Le gouvernement turc essaie de tromper les Kurdes"

Le gouvernement turc essaie de tromper les Kurdes et l'opinion internationale en annonçant depuis plusieurs mois des réformes pour résoudre la question kurde, a affirmé à l'AFP Murat Karayilan, le numéro deux de l'organisation rebelle kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

"Le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) n'a jamais eu l'intention de résoudre la question kurde. Il joue la comédie. (...) S'il l'avait vraiment voulu, en une journée toutes les armes se seraient tues", a déclaré M. Karayilan, interrogé dans les monts Kandil, repaire du quartier général du PKK, dans le nord de l'Irak.

"Tout ce qu'ils font, c'est essayer de tromper le peuple kurde et l'opinion publique internationale", a insisté le président du KCK, organe de direction politique du PKK, qui est le numéro deux de l'organisation derrière son chef historique Abdullah Öcalan, emprisonné en Turquie depuis 1999.

Le gouvernement turc a multiplié au cours des derniers mois les consultations avec la société civile dans le but annoncé de préparer des réformes renforçant les droits de la minorité kurde, forte d'une quinzaine de millions de personnes habitant principalement le sud-est anatolien.

Les premiers détails de ce projet devraient être révélés dans une semaine, le 10 novembre, lors d'une séance de présentation au Parlement. Mais les rebelles kurdes affichent leur scepticisme.

"Il s'agit de réformes de façade. La mentalité est toujours la même: le refus de l'affirmation de l'identité du peuple kurde, le refus de le considérer comme un interlocuteur", a commenté M. Karayilan, dénonçant les "lignes rouges" établies par Ankara, comme le refus d'inscrire l'identité kurde dans la Constitution, le maintien en détention d'Öcalan et la poursuite des opérations armées.

"Les Kurdes ne pourront pas être libres tant que le leader de cette insurrection, Abdullah Öcalan, ne sera pas libre", a-t-il souligné.

Pour le chef rebelle, deux conditions sont nécessaires à une avancée vers la paix: l'arrêt immédiat des combats et le début d'un dialogue entre le gouvernement et les représentants des Kurdes.

"Nous avons confiance en notre leader Öcalan. Si le dialogue commence avec lui, le processus va progresser. Si on ne dialogue pas avec lui, on peut aussi parler avec nous", a-t-il dit, assurant qu'aucune négociation secrète n'avait pour l'heure eu lieu.

"Sinon, il y a un parti qui a été élu par le peuple et qui est au Parlement, avec qui (le gouvernement) peut aussi parler, c'est le DTP", a-t-il ajouté, faisant référence au Parti pour une société démocratique, principale formation prokurde de Turquie, menacée de fermeture par la justice pour des liens supposés avec le PKK.

Le gouvernement s'est toujours refusé à négocier avec les rebelles.

En l'absence de négociations, le PKK poursuivra sa lutte, affirme M. Karayilan, précisant toutefois que l'organisation ne fera usage de ses armes qu'en cas de "légitime défense".

"Quelle que soit l'intensité des combats, le peuple kurde est avec nous et nous pouvons continuer de résister depuis les montagnes du Kurdistan pendant des dizaines d'années", a-t-il assuré.  ( 3 nov 2009
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04/11/2009

NOTRE MAISON, C'EST LA LIBERTEE DU PEUPLE KURDE

De leur bastion des monts Kandil, les rebelles kurdes narguent Ankara

MONTS KANDIL (Irak) - De leur bastion des monts Kandil, en Irak, les rebelles kurdes de Turquie se défient des efforts de paix du gouvernement d'Ankara et se disent prêts à soutenir une guerre de 50 ans.

"Nous tenons des centaines de montagnes en Turquie, en Irak et en Iran. Rien qu'ici, les monts Kandil ont les dimensions d'un Etat européen: ils font deux fois la taille du Luxembourg. Nous pouvons continuer la guerre pendant 30 ans, 50 ans s'il le faut", affirme, Sozdar Avesta.

Escortée par deux militantes en salvar (pantalon bouffant) kaki, Kalachnikov en bandoulière, cette figure historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), membre de sa direction politique, le KCK, reçoit les journalistes dans la "zone politique" des monts Kandil, un massif montagneux du nord de l'Irak, près de l'Iran, abritant le quartier général de la rébellion.

Ces montagnes irakiennes servent de base arrière au PKK, dans ses opérations de harcèlement des forces de sécurité turques.

Dans la "zone politique", pas d'unités combattantes: elles sont dans les hauteurs, sous un régime de "mobilité permanente" pour éviter d'être surprises par une attaque aérienne de l'aviation turque ou les fréquentes salves des canons iraniens, explique-t-on.

Cet espace, où les rebelles cohabitent avec des villageois kurdes irakiens, héberge en revanche un hôpital --une femme médecin allemande y exerce, tiennent à préciser les rebelles, soucieux de mettre en valeur le "soutien international" à leur cause--, des infrastructures de communication et des points de rencontre avec les médias.

On y accède depuis la plaine irakienne par une route en bon état, où une guérite arborant des drapeaux à l'effigie du chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, et une escouade de "douaniers" armés contrôlant les véhicules signalent l'entrée dans le territoire sous contrrôle rebelle.

Pour éviter les contrôles mis en place par le gouvernement autonome kurde d'Irak, les convois "sensibles" --dont ceux acheminant des journalistes-- doivent cependant opter pour de longs détours à travers les montagnes sur des chemins de contrebandiers.

Le 19 octobre, huit rebelles ont quitté sur ordre d'Öcalan les monts Kandil pour rejoindre le poste frontière turc de Habur, dans un geste de soutien aux efforts de paix du gouvernement turc, qui s'apprête à présenter au Parlement une série de réformes renforçant les droits des Kurdes.

La justice turque a laissé les rebelles en liberté --une décision d'une rare mansuétude dans un pays où la simple affirmation de sympathies pour le PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie et de nombreux autres pays, peut conduire en prison. Pourtant, Sozdar Avesta se dit sceptique.

"Les réformes du gouvernement ne sont que des mots en l'air. Concrètement, il n'y a rien", assène cette femme d'une cinquantaine d'années.

"Au regard du droit turc, nos huit camarades devraient aller en prison, mais le gouvernement préfère gérer la situation avec des petits arrangements plutôt que d'affronter les vrais problèmes: une réforme des cadres juridiques et de la Constitution pour prendre en compte la réalité kurde", poursuit la militante.

Fines lunettes sur le nez et pistolet à la hanche, Roj Welat, préposé aux "relations extérieures", se dit lui aussi peu désireux d'abandonner le combat entamé il y a 25 ans pour l'indépendance du sud-est anatolien, qui s'est transformé en une revendication d'autonomie, en échange d'un hypothétique "retour à la maison".

"Notre maison, c'est la liberté du peuple kurde", scande le militant. ( 3 nov 2009)

24/10/2009

IL EST INTERDIT AUX KURDES DE MANIFESTER POUR LA PAIX

 Il est interdit aux Kurdes de montrer leur joie pour la paix, d'après l'autorité turc. 

Les plansBARIS 1.jpg du gouvernement turc en faveur d'une amélioration des droits de la minorité kurde risquent d'être bloqués si les rebelles kurdes ne s'engagent pas fermement sur la voie de la reddition, a affirmé le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, cité vendredi par la presse.

L'avertissement intervient alors que le gouvernement est vivement critiqué pour son attitude jugée laxiste à l'égard d'un groupe de rebelles, rentrés lundi de bases irakiennes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en geste de soutien au plan de réformes pro-kurdes.

Laissés en liberté après une série d'interrogatoires, les huit rebelles, accompagnés de 26 "civils" venant d'un camp de réfugiés kurdes de Turquie en Irak, ont été accueillis dans la liesse par des dizaines de milliers de Kurdes scandant des slogans pro-PKK.

Dans des commentaires publiés par plusieurs journaux, M. Erdogan a prévenu que le malaise créé par cet accueil pourrait mettre à mal les projets de réforme que le gouvernement s'apprête à présenter au Parlement pour améliorer les droits des Kurdes et faciliter une résolution du conflit qui a fait 45.000 morts depuis 1984.

"Cela pourrait affecter négativement le processus (...) Ce n'est pas ce que nous voulons, mais cela pourrait nous ramener à la case départ, a-t-il déclaré, soulignant que le processus ne pourrait continuer dans de bonnes conditions qBARIS GRUBU.jpgue si les rebelles déposaient les armes et se rendaient.

"Nous attendons qu'elles (les redditions) continuent. Si ce n'est pas le cas, il n'y a rien que nous puissions faire", a-t-il affirmé.

Le PKK, qui ne parle pas de "reddition" mais de "groupes de paix" dépêchés en gage de bonne volonté, a annoncé l'arrivée prochaine d'un nouveau groupe, en provenance d'Europe. (AFP, 23 oct 2009)

21/10/2009

"V" OUVREZ LA VOIE A LA PAIX "V"

34 membres d'un "groupe de paix" sont entrés en Turquie

Les autobaris guruplari a.jpgrités turques ont libéré mardi 34 civils et rebelles kurdes, membres du "groupe de paix", qui se sont présentés lundi au poste frontière de Habur pour soutenir le projet de réformes d'Ankara, après leurs interrogatoires par des procureurs.

Huit rebelles venant d'une base du PKK dans les monts Kandil (nord de l'Irak), se sont présentés, sans armes. Ils étaient accompagnés d'un second "groupe de paix" composé de 26 civils, dont femmes et enfants, en provenance du camp de réfugiés kurde de Makhmour (nord de l'Irak), où résident depuis les années 1990 quelque 12.000 kurdes exilés de Turquie sous la supervision du PKK.

Dès leur arrivée en territoire turc, les 34 personnes ont été interrogées à Silopi, ville du sud-est anatolien proche de la frontière irakienne, par des procureurs pour déterminer s'ils ont commis des crimes afin éventuellement de les incarcérer.

Plus de 40 avocats devaient assister aux interrogatoires, dans une caserne de l'armée.

Les responsables turcs ont affirmé que les membres du groupe étaient les bienvenus s'ils venaient en Turquie pour se rendre, mais Murat Karayilan, un des principaux dirigeants du PKK, a affirmé à l'agence de presse Firat News que leur geste ne constituait pas une reddition.

Des manifestation de soutien à l'initiative du PKK ont eu lieu dans plusieurs villes, à l'appel du principal parti prokurde de Turquie, le Parti pour une société démocratique (DTP).

A Diyarbakir, la principale ville du sud-est anatolien, peuplé en majorité de Kurdes, quelque 5.000 personnes ont manifesté sur une place du centre-ville aux cris de "les émissaires de paix sont notre honneur" et "main dans la main pour une paix honorable" et ont scandé des slogans favorables à Abdullah Öcalan, le chef emprisonné du PKK.

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs autres villes de la région: Mus, Batman, Mardin, Tunceli et Van.

A Istanbul, métropole de l'ouest du pays accueillant une importante communauté kurde, entre 2.000 et 2.500 manifestants, selon la police, ont défilé sur l'avenue Istiklal, une artère commerciale du centre-ville.

Rassemblés derrière une banderole affirmant "ouvrez la voie à la paix", les manifestants, qui faisaient avec la main le "V" de la victoire, ont scandé des slogans tels que "bravo au PKK, le peuple est avec toi" ou "l'ambassadeur de la paix est à Imrali", faisant référence à l'île prison d'Imrali, où est écroué Öcalan.

"Nous nous attendons dans une première étape à l'arrivée par petits groupes de 100-150 personnes", a dit le ministre de l'Intérieur Besir Atalay, cité par l'agence de presse Anatolie. Selon lui, ces "retours au foyer" s'inscrivent dans le cadre d'un projet de réformes pro-kurde du gouvernement, baptisé "ouverture démocratique" qui, a-t-il estimé, doit entraîner un démantèlement du PKK. M. Atalay a d'autre part appelé les rebelles à déposer les armes.

Le Conseil national de sécurité (MGK), qui réunit les principaux responsables civils et militaires turcs, a également évoqué mardi lors d'une réunion ordinaire les efforts pour une solution pacifique du conflit kurde, qu'il a indiqué soutenir, tout en soulignant en même temps que la lutte anti-PKK se poursuivra avec "détermination", selon un communiqué publié au terme de près de huit heures de réunion.

Le gouvernement s'apprête à présenter au Parlement des mesures en faveur de la communauté kurde afin de faciliter une résolution du conflit dans le sud-est anatolien, où le PKK et les forces de sécurité mènent depuis 1984 une guerre qui a fait 45.000 morts.

Une trentaine de civils et rebelles kurdes, constituant ce que le PKK surnomme un "groupe de paix", se sont présentés lundi aux autorités turques à la frontière turco-irakienne.

Il était composé de huit rebelles, sans armes, venant d'une base du PKK dans la montagne irakienne, et de 26 civils, en provenance d'un camp de réfugiés irakien où ils s'étaient exilés dans les années 1990.

Selon l'agence pro-kurde Firatnews, ils étaient porteurs d'un message aux autorités turques réclamant notamment davantage de droits politiques et culturels en faveur de la communauté kurde et la fin des opérations de l'armée contre le PKK.

29 d'entre-eux ont été libérés mardi tandis que les cinq autres, déférés devant un tribunal pour "appartenance à une organisation illégale", ont retrouvé la liberté dans l'après-midi, les juges ayant pris en compte leur retour volontaire, selon une source judiciaire locale.

Leur remise en liberté a provoqué l'explosion de joie de plusieurs milliers de personnes réunies dans un secteur proche de la frontière avec l'Irak. "Bienvenue aux ambassadeurs de la paix, le Kurdistan est fier de vous", ont scanazadi.jpgdé les manifestants alors que les membres du "groupe de paix" sont montés dans des bus devant les transporter jusqu'à Diyarbakir, la principale ville du sud-est anatolien, peuplée majoritairement de Kurdes, située plus au nord.

Les rebelles ont fait le V de la victoire à la foule qui jubilait.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan qui a qualifié ce retour de "positif", a, lui aussi, appelé les rebelles à se rendre lors d'un discours au Parlement, rejetant une nouvelle fois tout dialogue avec le PKK.

 En 1999, au plus fort de l'insurrection kurde, une initiative similaire des rebelles, s'était soldée par l'emprisonnement des membres du PKK rentrés en Turquie.

Depuis le nord de l'Irak, où le PKK dispose, selon Ankara, de quelque 2.000 rebelles, Cemil Bayik, un chef militaire du PKK, a affirmé que ses hommes "ne descendront pas de la montagne" tant que la Turquie ne "changera pas de mentalité"' et ne renoncera pas à "détruire" les Kurdes. (AFP, 20 oct 2009)

 
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