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07/12/2009

DIYARBAKIR SUR LES PIEDS DE GUERRE

DIYARBAKIR (Turquie)

Un mort et des blessés centaines d’arrestation lors de manifestations kurdes.

 

 

kurde diyarbakir.jpgDIYARBAKIR (Turquie) - Des manifestations dénonçant les conditions carcérales du chef rebelle kurde Abdullah Öcalan ont dégénéré en heurts avec la police dimanche dans le sud-est de la Turquie, faisant un mort et plusieurs blessés  et centaines d’arrestation selon les médias et des sources locales.

 

 

A Diyarbakir, principale ville de cette région peuplée en majorité de Kurdes, quelque 15.000 personnes réunies à l'appel du Parti pour une société démocratique (DTP, pro-kurde) ont manifesté aux cris de "Ou des conditions de vie honorables, ou la guerre et la vengeance" et "Vive le président Öcalan", a constaté un correspondant de l'AFP.

Les manifestants, qui portaient en tête de cortège une maquette sensée représenter la cellule d'Öcalan, ont jeté des pierres et tiré des feux d'artifice en direction de la police quand celle-ci a tenté de bloquer leur progression. Les policiers anti-émeute ont riposté en faisant usage de grenades lacrymogènes et de canons à eau.

Un manifestant a été tué dans des circonstances encore non déterminées, ont affirmé des sources locales, qui ont par ailleurs fait état de deux blessés, dont un policier, et de plusieurs interpellations.

L'agence de presse Anatolie a fait état de quatre policiers blessés dans des heurts similaires survenus la veille à Dogubeyazit (est).

Le chef et fondateur du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, illégal), 61 ans, qui purgeait en solitaire depuis 1999 une peine de prison à vie sur l'île d'Imrali (nord-ouest), a été transféré à la mi-novembre dans une autre cellule du même pénitencier et il peut côtoyer maintenant d'autres détenus.

 

 

Öcalan s'est récemment plaint de ses nouvelles conditions d'incarcération, affirmant qu'elles étaient "pires qu'avant" et évoquant une "cellule de 6-7 m2". "Je ne sais pas combien de temps je pourrai résister à ces conditions qui ont fait de moi un homme mi-mort, mi-vivant", a-t-il dit.

Ces déclarations ont entraîné de nombreuses manifestations kurdes de protestation.

Vendredi, le président de la commission parlementaire des droits de l'Homme Zafer Üskül a estimé au terme d'une enquête que les conditions d'emprisonnement d'Öcalan étaient "conformes aux normes internationales et même meilleures".

Les manifestations interviennent akurdd manif.jpglors que le gouvernement a dévoilé en novembre un plan visant à renforcer les droits des Kurdes, et que doit débuter mardi devant la Cour constitutionnelle un procès contre le DTP, accusé de collusion avec le PKK et menacé de dissolution.

 

05/12/2009

LE DTP SOUS LA MENACE D'INTERDICTION

Malgré "l'ouverture", le DTP sous la menace d'interdiction

DTP.jpgLa Cour constitutionnelle turque entamera mardi une série de délibérations qui pourraient se solder par l'interdiction du principal parti pro-kurde de Turquie pour collusion avec les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a rapporté jeudi l'agence Anatolie.

Le procureur de la Cour de cassation avait lancé en 2007 une procédure à l'encontre du Parti pour une société démocratique (DTP), fondé en 2005 sur les cendres d'un autre parti pro-kurde dissous par la justice pour ses liens avec le PKK, organisation qualifiée de terroriste par Ankara, Washington et l'Union européenne (UE).

Les juges qui entameront leurs délibérations mardi doivent en principe prendre une décision dans les jours ou les semaines suivantes.

Selon l'acte d'accusation qui demande une dissolution, la direction du DTP obéit aux "directives" du chef emprisonné à vie du PKK, Abdullah Öcalan, et le parti "est devenu le foyer d'activités préjudiciables à l'indépendance de l'Etat et à son unité indivisible".

Sept des 21 députés du parti, ainsi que de nombreux autres responsables sont menacés en outre de bamanif Kurde.jpgnnissement de la vie politique pour des durées diverses, précise l'agence. Nombre d'observateurs estiment que le DTP est la vitrine politique légale du PKK.

Une interdiction du plus grand parti légal kurde pourrait porter un coup à l'"ouverture démocratique" pro-kurde lancée par le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.  ( 3 déc 2009)

29/11/2009

L'OUVERTURE DEMOCRATIQUE OFFRE AUX KURDES

L’ouverture démocratique offre aux Kurdes

Le très attendu plan d’ouverture démocratique, censé mettre fin à un quart de siècle de lutte armée avec la rébellion du PKK, a été dévoilée au Parlement, dans une ambiance électrique. Vivement critiqué par l’opposition, il ne répond pourtant pas aux attentes de ceux qui peuvent faire taire les armes. Pour l’instant du moins, car le projet reste ouvert, affirme le gouvernement.

« Tout ça pour ça ? » serait-on tenté de dire... Ce devait être une session historique et ce le fut, en ce sens que le Parlement turc débattait pour la première fois ouvertement du « problème kurde » - même si c’est sans le nommer. Mais elle n’a pas accouché de décisions à même de changer le cours de l’Histoire. Sans doute l’ambiance de paranoïa et de quasi-hystérie née de la seule annonce, il y a six mois, de la volonté de régler cette question a-t-elle inspiré aux responsables du pays patience et prudence. Il n’en reste pas moins que le résultat, après « 4 mois de travail » et « 4 ans de préparation », a rappelé le Premier ministre Tayyip Erdogan, est bien en-deçà des espoirs suscités.

Pour ne pas donner prise aux accusations de l’opposition qui l’accuse d’ethniciser le débat, le chef du gouvernement et son ministre de l’Intérieur, officiel « coordinateur » de ce projet, ont tout d’abord soigneusement évité de prononcer le mot « kurde » ou alors l’ont-ils fait en le noyant parmi les nombreuses autres appartenances ethniques de Turquie, des Lazes au Tcherkèzes en passant par les Roms et les Albanais. Et pour ne pas prêter le flanc à l’accusation de négociation avec la rébellion, ils n’ont pas évoqué une seule fois le Parti des Travailleurs du Kurdistan, sauf à mentionner le problème « terroriste ».

Cela n’a pas empêché le Parti Républicain du Peuple (CHP, premier parti d’opposition) de quitter la salle comme un seul homme, pendant le discours du Premier ministre, après l’avoir apostrophé à plusieurs reprises jusqu’à le traiter de « menteur ».

Quant au Parti de l’Action Nationaliste (MHP), il a dénoncé un discours « à faire honte » et une politique de « reddition face au terrorisme ». Malgré ses appels répétés à la concertation ses derniers mois, a-t-il rappelé, le Premier ministre ne pourra compter sur leur soutien pour soutenir les mesures contenues dans ce plan, ce qui n’est pas une surprise.

Libéralisation totale de la langue kurde dans l’enseignement, y compris dans les institutions privées, pour sa diffusion à la radio et à la télévision, également là aussi pour les organes privés, pour son utilisation dans la propagande politique et la pratique religieuse, et enfin pour les noms de villages qui avaient été turquisés : c’est le premier volet des décisions annoncées à court terme par le ministre Béchir Atalay. Loin d’être une révolution, ce mouvement est amorcé maintenant depuis plusieurs années.

Le second volet des mesures immédiates touche à l’allègement des peines, parfois très lourdes (jusqu’à trente ans de prison !) frappant les mineurs impliqués dans des échauffourées avec les forces de l’ordre. Là encore, ce geste fait un peu gadget par rapport à l’enjeu, même s’il touche des centaines d’enfants. Le ministre de l’Intérieur n’a pas omis d’annoncer la fin de l’interdiction de pâturage dans les régions orientales, et l’allègement des opérations de contrôle de sécurité sur les routes de campagne.

Viendront ensuite les efforts dans la lutte contre la discrimination, qui passeront par la création d’une commission de surveillance indépendante, ainsi que dans la lutte contre la torture et les mauvais traitements, qui sera elle aussi accompagnée par un mécanisme restant à définir, et visant à se mettre en phase avec les standards internationaux. En la matière, sans aucun doute, mieux vaut tard que jamais. Mais pour sincère qu’il soit, cet élan de compassion du Premier ministre à la tribune pour les « citoyens de deuxième, voire de troisième ordre » (il évoque les Kurdes, mais ne les nomme pas), et sa révolte contre la volonté « depuis 25 ans d’occulter et de nier, au prétexte de terrorisme, les sentiments de vengeance, de soupçon, de haine entre voisins, parents, frères » ne font pas une politique kurde à proprement parler.

C’est la raison pour laquelle, sans doute, Recep Tayyip Erdogan et son ministre ont insisté sur les termes d’« ouverture démocratique » et de projet d’« unité et de fraternité », plutôt que de définir ces réformes en fonction d’une revendication nationaliste précise. A plus long terme, une réforme de la Constitution - qui est en fait en chantier et annoncée depuis plus de deux ans - est à nouveau avancée, mais sans échéance ni cadre précis. Ce qui inspire à l’agence de presse pro-PKK Firatnews ce résumé : « Une ouverture sans les Kurdes, des problèmes avérés mais pas de proposition concrète ».

De toute évidence, la rébellion qui attend depuis des mois un engagement clair du gouvernement turc pour s’engager dans une démarche de paix n’y trouve pas son compte. Mais peut-être, sans doute même, qu’en coulisses une négociation discrète et délicate se poursuit.

 

 

16/11/2009

DE LA POUDRE AUX YEUX OU PLAN DE LA PAIX EN KURDISTAN

Le gouvernement annonce des mesures pour améliorer les droits des Kurdes

diyarbakir.jpgLe ministre turc de l'Intérieur, Besir Atalay, a annoncé vendredi au Parlement des mesures très attendues pour améliorer les droits de la population kurde, qui prévoient notamment la possibilité pour les villes "turquisées" de force au fil des ans de revenir à leurs noms kurdes .

"Si les localités le désirent, on leur donnera l'occasion d'utiliser de nouveau leurs noms d'origine", a dit M. Atalay en exposant les détails de l'"ouverture démocratique" à laquelle le gouvernement est prêt à procéder à l'égard de la minorité kurde afin de venir, à terme, à bout de 25 ans d'insurrection séparatiste kurde.

C'est la première fois depuis l'été, date à laquelle le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir a annoncé vouloir régler le vieux conflit kurde en Turquie, que des mesures concrètes sont rendues publiques.

Parmi les autres dispositions légales que prendra la majorité gouvernementale figure la mise en place d'une commission indépendante chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'Homme, en particulier dans le sud-est, région peuplée majoritairement de Kurdes.

"Cette commission publiera dans les plus brefs délais les conclusions de ses enquêtes", a souligné le ministre, affirmant que le "slogan" du gouvernement pour son plan kurde était "plus de libertés pour tout le monde".

Une troisième mesure concernera l'autorisation de fait d'utiliser le kurde dans la vie politique, où l'usage du turc est pour le moment obligatoire.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan devait aussi prendre la parole vendredi au Parlement, avant que les ténors de l'opposition, farouchement opposés à cette initiative, craignant pour l'unite nationale, n'exposent leur point de vue.

Le gouvernement a déjà accru les droits culturels des Kurdes, en autorisant notamment une chaîne de télévision pour cette minoriazadi.jpgté.

Afin de montrer sa volonté d'aller de l'avant dans les réformes démocratiques, l'AKP a présenté cette semaine un projet de loi à l'Assemblée réduisant les peines encourues par les enfants kurdes arrêtés pendant des manifestations en faveur du PKK (Parti -illégal- des travailleurs du Kurdistan).

Les adolescents jetant des pierres sur les forces de l'ordre à ces occasions sont actuellement jugés comme s'ils étaient des terroristes et encourent à ce titre des peines pouvant aller jusqu'à vingt ans de prison.

Le gouvernement a autorisé dans la foulée les chaînes privées à émettre 24 heures sur 24.

 
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