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09/07/2012

QUI DENONCERA LE GOULAG TURC

 

Qui dénoncera le Goulag turc ?

 

Alors que la Turquie donne des leçons de « liberté d’expression » aux Etats qui s’aviseraient de vouloir pénaliser – sur leur sol - la négation du génocide arménien, et tandis que la « démocratie » turque est donnée en modèle aux révolutions arabes, les opposants politiques turcs et kurdes jugés ces jours-ci à Silivri, pris en étau « entre l'ordre kaki et le fascisme vert », attendent l’aide urgente de la France. Le Collectif VAN écrit au ministre français des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, à l’occasion de la venue en France de son homologue turc Ahmet Davutoglu le 5 juillet 2012 à Paris.



Issy-les-Moulineaux, le 5 juillet 2012

M. Laurent Fabius
Ministre des Affaires étrangères
37 Quai d’Orsay
75351 Paris 07
Monsieur le Ministre,

Depuis ce lundi 2 juillet, 205 femmes et hommes, éditeurs, journalistes, universitaires, étudiants, hommes politiques, syndicalistes, avocats, défenseurs des droits de l’homme, sont jugés en Turquie dans le cadre d’un procès politique fleuve. Il se déroule sous haute surveillance au sein de la prison de Silivri à 67 kms d’Istanbul.

Les procédures judiciaires montées de toutes pièces visent - sous l’accusation fallacieuse de « terrorisme » - à museler le droit à la liberté d’expression en Turquie. Parmi les prévenus, d’éminents intellectuels turcs et kurdes : l’éditeur Ragıp Zarakolu [Fondateur de l'Association turque des droits de l'homme – IHD, pressenti pour le
Prix Nobel de la Paix 2012], son fils Deniz Zarakolu, l’universitaire Büsra Ersanlı, la traductrice Ayse Berktay, et bien d’autres personnalités. A titre indicatif, le Procureur public d’Istanbul, Adnan Çimen, a requis respectivement 7,5 à 15 ans de prison contre M. Ragıp Zarakolu et 15 à 22,5 ans d’emprisonnement contre Mme Büşra Ersanlı.

Le « crime » réel de ces intellectuels turcs et kurdes, présentés dans le cadre des procès KCK devant le tribunal du Pénitencier de Silivri, est d’avoir donné des conférences sur les droits du peuple kurde ou d’avoir brisé le tabou du génocide arménien en éditant des ouvrages allant à l’encontre de l’historiographie officielle de l’Etat turc.
L’éditeur Ragip Zarakolu a déclaré lors de la conférence de presse qui s’est tenue à l’issue de la première audience : « Un cancer ronge ce pays dans le cadre de ce procès KCK ». Il a ajouté : « La liberté d'expression est gravement menacée en Turquie, comme à l'époque du 12 septembre 1980, date à laquelle le pays a connu le plus grave coup d'Etat qui a modelé la Turquie en instaurant un régime autoritaire ».

Monsieur le Ministre, ces personnalités attendent l’aide urgente de la France. Elles ne sont que la partie immergée de l’iceberg : plus de 7000 opposants politiques attendent le printemps turc en prison. Parmi eux, 600 étudiants dont Cihan Kimizigül, étudiant de l'université franco-turque Galatasaray, condamné à une peine de 11 ans et 3 mois de prison le 11 mai dernier pour port d'un foulard kurde…

Les accusés de Silivri ne sont pas les seules victimes de la répression turque : la sociologue Pınar Selek, bien qu’en exil en France, est toujours harcelée. Persécutée par le pouvoir turc depuis 1998, condamnée trois fois à la prison à vie et trois fois acquittée, elle est
menacée en cas de retour en Turquie : une peine d’emprisonnement à vie aggravée a été demandée lors de la nouvelle audience du 7 mars 2012.

L’arbitraire des lois turques a également conduit à l’incarcération de la jeune Française d’origine turque, Sevil Sevimli, arrêtée le 10 mai 2012 pour « appartenance à un mouvement terroriste armé, le DHKP-C ».
L’étudiante lyonnaise, partie dans le cadre des échanges Erasmus, est « coupable » d'avoir assisté à un concert du Grup Yorum, et d'avoir participé à un pique-nique lors de la manifestation du 1er mai à Istanbul. Bien que née en France, elle est considérée comme Turque, la Turquie n’admettant ni la bi-nationalité, ni l’abandon de la nationalité turque.

Nous vous serions reconnaissants d’intervenir auprès de votre homologue turc, M. Ahmet Davutoglu, que vous recevez ce 5 juillet 2012, afin d’intercéder en faveur de l’acquittement total et de la libération des personnes citées ci-dessus.

Par ailleurs, nous attirons votre attention sur
l’éthique des partenariats « culturels » signés avec la Turquie. Car à travers divers instituts et think tanks créés ou relayés en France, c’est en fait une stratégie raciste et négationniste qu’Ankara met en place pour 2015 afin de contrer le centenaire du génocide arménien.

Il est temps d’avoir le courage d’affirmer que le
négationnisme imposé par la Turquie - non seulement sur son sol mais également dans le monde entier - ne peut avoir droit de cité dans notre République, dans nos écoles et dans nos universités. Il en va de la démocratie en Turquie, mais également de la protection de notre espace citoyen.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de ma très haute considération.

Séta Papazian
Présidente du Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
  http://www.collectifvan.org

 

05/07/2012

Procès du KCK: la liberté de recherche menacée (3)

 

busra.jpg

Le procès de l'Union des Communautés du Kurdistan (KCK) se poursuit jusqu'au 13 juillet. Intéressons-nous aujourd'hui à l'un des aspects de ce procès-monstre pour lequel comparaissent 205 personnes: la liberté de recherche.

Parmi les principaux accusés figureBüsra Ersanli, figure respectée du monde universitaire turc et connue pour ses travaux dérangeants sur le récit historiographique turc dans les livres scolaires. Cette professeure de sciences politiques et de relations internationales à l'UniversitéMarmarad'Istanbul est détenue depuis plus de 8 mois et risque de 15 à 22 ans de prison pour "direction d'une organisation terroriste". Engagée dans la défense du droit des minorités et dans la recherche d'une solution politique à la question kurde, Büsra Ersanli s'était rapprochée du parti kurde légal BDP (Parti pour la Paix et la démocratie) et intervenait de temps à autres comme oratrice dans l'Académie politique du parti. "Son acte d'accusation ne fait qu'inventorier les activités ordinaires de n'importe quel chercheur : déplacements scientifiques à l'étranger, conversations téléphoniques avec des journalistes, études comparatives sur différentes constitutions européennes ou articles parus dans des journaux scientifiques", selon le GIT.

 

"Elle ne cautionne absolument pas la violence ou la lutte armée. Büsra, c'est tout le contraire. C'est quelqu'un qui met en accord ses convictions et son activité professionnelle. Si l'AKP lui avait proposé d'intervenir dans son académie politique, elle aurait également accepté", fait remarquer l'une de ses collègues et amies, dans le bus en route vers Silivri, où se tient le procès. Lundi, une quarantaine de membres duGIT(Groupe International de Travail), rassemblant des universitaires pour la défense de la liberté de recherche et d'enseignement, avaient fait le voyage. Lireici leur récitde l'ouverture du procès.

 

Le GIT s'est mobilisé dès l'instant où la Pr Büsra Ersanli a été arrêtée, en compagnie de l'éditeur Ragip Zarakolu ou encore de la traductrice Ayse Berktay. Hier, Le Monde a publié sur son site Internet un appel signé par de nombreux membres du GIT France :"Le grand enfermement des libertés en Turquie".

Un extrait de ce texte:"Ce genre d'accusations kafkaïennes est dirigé contre des milliers d'étudiants au sort également très préoccupant. Selon le récent rapport de l'Initiative de solidarité avec les étudiants détenus en Turquie (TODI), 771 étudiants se trouvent actuellement en détention, dont une large majorité est membre de l'organisation de jeunesse du BDP. Parmi eux, figure une autre Büsra, 22 ans, étudiante en science politique, qui dans ses lettres de prison souligne l'absurdité des accusations dont elle fait l'objet : des chansons en kurde trouvées dans son ordinateur, sa participation aux diverses manifestations et conférences de presse, etc. Comme elle, des centaines de jeunes gens se voient interdire d'étudier, soit qu'ils subissent de longues détentions préventives, soit qu'ils fassent l'objet des enquêtes disciplinaires menant souvent à leur exclusion des universités."

Le GIT a également produitun rapport, en turc, répertoriant les affaires les plus symboliques.

La très sérieuse revue Nature, a elle aussi consacréun articleà cette menace grandissante contre la liberté de recherche en Turquie. Le réseau américain "universitaires en danger" avait écrit cerapporten novembre dernier.

L'histoire de Nesrin Uçarlar, une universitaire qui se trouvait elle aussi à Silivri pour soutenir ses collègues, est exemplaire de la censure qui règne dans les universités turques. Etudiante à Marmara, elle avait déposé un projet de recherche, dès 2003, sur "les droits linguistiques des Kurdes de Turquie", un sujet hautement sensible. Le sujet fut d'abord retoqué par l'université. "Je l'ai de nouveau soumis en enlevant le mot kurde du titre et là, cela a marché", explique-t-elle. Après quelques temps, le jury de recherche qui lui avait été assigné, composé de cinq personnes, déclare que son sujet de thèse est "anticonstitutionnel", se référant à l'article 3 de la Constitution turque qui précise que: "L'Etat turc forme avec sa nation et son territoire une entité indivisible. Sa langue est le turc". En 2008, elle perd tout droit à effectuer sa thèse. Après un rapport pour un think tank sur "le Kurde comme langue maternelle", elle se voit également licenciée de son poste d'assistante professeur à l'université Yeditepe d'Istanbul, un établissement connu pour ses positions très nationalistes. Nesrin a déposé plainte devant la justice administrative mais elle a perdu son procès en premier instance, même jugement devant la Cour suprême. Un recours a été déposé en 2011 devant la Cour européenne des Droits de l'Homme.

"J'avais suivi un cours à l'université sur le nationalisme turc. Je voulais apprendre et travailler sur la question kurde. Je suis née dans le Sud Ouest de la Turquie et jusqu'à mes 18 ans, je n'avais jamais vu un Kurde", sourit-elle. "Je voulais mener une recherche critique sur le nationalisme d'Etat" (...) Pour justifier la censure de son travail, le comité scientifique de l'université avait calculé combien de fois était cité le PKK et combien de fois lui était accolé le mot "terroriste".

Son cas n'est pas isolé. La plupart des étudiants qui tentent d'aborder les questions de minorités ou qui travaillent sur l'histoire turque avec une approche scientifique sont régulièrement censurés, licenciés, mis sous pression. Les universités qui, après le coup d'Etat militaire de 1980 avaient été investies par l'idéologie militaro kémaliste et placées sous le contrôle duYÖK(Haut conseil de l'Enseignement supérieur), sont restées un lieu très politisé. L'AKP, le parti au pouvoir a même accéléré sa reprise en main des universités, dont le nombre a explosé ces dernières années.

Récemment,Ethem Tolga, le recteur de l'université Galatasaray, établissement public francophone qui fait la fierté des officiels français de passage à Istanbul, s'était illustré manière assez incroyable. Ce recteur aux convictions très nationalistes, qui n'avait pas levé le petit doigt lorsque l'un de ses étudiants,Cihan Kirmizigül, avait été placé abusivement en détention et accusé de terrorisme, s'est aplati devant les accusations portées par le journal islamiste radical Yeni Akit contre l'un de ses professeurs, Ahmet Insel, catalogué "pro Arméniens" et accusé d'avoir constitué une cellule du PKK au sein de l'université, rien de moins. Pire, M. Tolga a appelé le "journaliste" de cette publication pour se désolidariser d'Ahmet Insel et exprimer combien il n'aimait pas "les francs maçons" et se sentait proche de l'AKP.

13/03/2010

LETTRE OUVERT DES DEPUTES EUROPEENS

Kurdes : lettre ouverte des députés européens




Une douzaine de députés européens, dont José Bové et une majorité du groupe Verts / ALE dont il fait partie, viennent de cosigner une lettre ouverte aux chefs de gouvernement de l'Union européenne, pour dire tout le mal qu'ils pensaient de l'arrestation de plusieurs ressortissants kurdes la semaine dernière en France, Italie et Belgique. Parmi eux, Ali Dogan, bien connu sur le Larzac où il a contribué à la rénovation du hameau de Mas Razal à des fins culturelles au sens large (Midi Libre du 27 février et du 1er mars). « Le fait qu'une personnalité comme Ali Dogan puisse être inculpée dans le cadre de la lutte contre le terrorisme contribue à semer le doute sur le bien-fondé des opérations en cours, est-il écrit notamment dans cette lettre. Nous rappelons que la sécurité des citoyens

d'un Etat de droit se mesure d'abord et avant tout au respect de leurs droits et aux garanties qui leur sont offertes de s'en prévaloir. » Quand les villages aveyronnais retrouvent leur nom occitan Depuis déjà quelques années, les villages aveyronnais retrouvent leur nom occitan à la faveur de la mise en place d'une signalisation spécifique à l'entrée des bourgs. En 2009, le conseil général a décidé de généraliser le mouvement et a confié à l'Institut occitan (IOA)une mission sur la double signalisation, français et occitan, desdits villages.
Le programme est actuellement mis en oeuvre et devrait être totalement achevé en 2011.
C'est ainsi, par exemple, que La Couvertoirade redevient La Cobertoirada... Bibliothèque : le secteur jeunesse fermé le mardi matin Afin d'adapter les horaires à la fréquentation et de réserver ce créneau à l'accueil des classes, le secteur jeunesse de la bibliothèque municipale sera désormais fermé au public le mardi matin.

 

20/01/2010

IRAN: PROCUREUR TUE PAR PJAK

Iran: Un procureur tué par des Kurdes

POTENCE DES KURDE.jpgL'assassinat du procureur de Khoy, dans le nord-ouest de l'Iran, a été revendiqué par des séparatistes kurdes, ont fait savoir mardi les autorités judiciaires locales. Le procureur, Vali Haji Gholizadeh, a été abattu par balles la veille devant son domicile de Khoy, dans une province frontalière de la Turquie. "Sur la foi des informations obtenues, le mouvement PJAK a revendiqué la responsabilité de l'assassinat du procureur de Khoy", a déclaré Mohammed Ali Mousavi, chef des services du procureur.

Un procureur a été tué par balles aujourd'hui dans la ville de Khoy, dans le nord-ouest de l'Iran, où le gouvernement lutte depuis plusieurs années contre des groupes séparatistes de la minorité kurde, a rapporté l'agence Fars.

"Vali Haji-Gholizadeh a été tué devant la porte de son domicile", a indiqué l'agence, précisant que le procureur de la ville, située près de la frontière turque, "avait été l'objet de menaces ces derniers jours".

Selon Fars, les meurtriers se sont échappés sans laisser de trace.
"Il avait un très bon bilan dans la lutte contre les contre-révolutionnaires, l'expropriation de terrains et la corruption", a souligné l'agence.

Les régions frontalières avec l'Irak et la Turquie, où vivent des minorités kurdes, sont le théâtre d'affrontements périodiques entre les forces armées iraniennes et le Pejak, basé dans le nord-est de l'Irak.

Le Pejak est lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui lutte depuis 1984 contre le gouvernement turc dans le sud-est anatolien.

L'Iran accuse les Etats-Unis de soutenir le Pejak, ainsi que d'autres organisations ethniques aux frontières de l'Iran, ce que Washington a toujours démenti.
Les Kurdes représentent environ 7% de la population en Iran qui compte 70 millions d'habitants.

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