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01/11/2012

MOYEN-ORIENT KURDE SYRIE

 

Combats entre les rebelles arabes et les Kurdes : un autre front en Syrie

 

1896414886.jpgMohammed Hafar a été tué par balle alors qu’il tentait de porter secours à son frère Faysal, mortellement blessé dans des combats entre rebelles arabes et milices kurdes dans le nord de la Syrie, près de la frontière turque.

 

Quatre rebelles ont péri dans ces affrontements, les deuxièmes en quarante-huit heures, près du village kurde de Yazi Bah, selon des combattants rebelles rencontrés dans leur bastion d’Azaz.

 

Des combattants en treillis armés de kalachnikovs se sont rassemblés devant la maison des Hafar, ils ont porté le corps de Mohammed à travers des rues jonchées d’ordures jusqu’au cimetière.

 

Dans le cortège, des blessés sur des béquilles ont tenu à rendre un dernier hommage au défunt.

 

Parmi eux, Fahad, 20 ans, blessé, selon lui, dans les combats contre les forces gouvernementales dans la ville d’Alep (nord).

 

“L’ennemi est à présent le PKK (milice kurde), ce sont les chiens d’Assad“, (Bachar al-Assad) le président syrien, marmonne-t-il en colère, affalé dans une chaise en plastique devant la maison des Hafar. “Quand ils nous tuent, on les tue“.

 

Abou Sabri acquiesce.

 

“Nous allons les punir. Je ne dis pas qu’on va le faire maintenant, mais bientôt, vous verrez“, menace cet homme de 28 ans.

 

Les tensions se sont aggravées entre le PYD —branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (rebelles kurdes turcs, gauche laïque), que les rebelles accusent d’être des laquais du régime— et les insurgés sunnites qui souvent affirment vouloir un régime islamiste.

 

des sbires du régime

 

Des combats entre Arabes et Kurdes ont éclaté vendredi à Alep faisant 30 morts.155331_509117705765764_2008621426_n.jpg

 

Abou Chaabane, 50 ans, qui tient un magasin de sièges-auto et connaissait Mohammed Hafar depuis toujours, est dévasté : “Il était comme un fils pour moi“.

 

Comme la plupart des habitants, il dit ne jamais avoir eu de problème avec les Kurdes avec lesquels ils cohabitaient. A la question de savoir ce qui a changé, il répond l’ignorer et préfère ne pas en parler.

 

Depuis le début de la guerre, les Kurdes ont cherché à rester à l’écart du conflit dans le nord de la Syrie.

 

Selon les Kurdes, ils ont ainsi interdit aux rebelles d’entrer armés dans la ville d’Afrine et conclu un accord avec les autorités pour le départ des forces gouvernementales.

 

Les troupes se sont retirées mais un poste des forces de sécurité demeure avec un portrait du président Assad accroché à la façade.

 

Pour les jusqu’au-boutistes de l’ASL, les membres du PYD ne sont rien d’autre que des sbires du régime, armés et payés pour tenir les rebelles à distance. Des guides arabes accompagnant l’AFP disent ne plus se sentir en sécurité dans les villages kurdes.

 

Peter Harling, analyste de l’International Crisis Group estime que le PYD a réussi à exploiter le conflit, créant des frictions avec l’opposition armée, particulièrement dans la zone clé de la frontière turque.

 

“Il y a beaucoup de tensions entre les groupes armés de l’opposition à propos des routes de transit des armes. Le fait que plusieurs des postes frontaliers sont contrôlés par les Kurdes a provoqué aussi des tensions avec les Kurdes“, explique-t-il.

 

Selon l’analyste, le PYD veut rester neutre dans le conflit, mais il est déterminé à profiter de la situation quel que soit le résultat.

 

Quelque 600.000 Kurdes vivent dans la région située au nord-est d’Alep, et la crainte est grande de voir les tensions communautaires s’envenimer dans les zones frontalières de la Turquie d’où l’armée s’est retirée.

 

La minorité kurde (15% des 23 millions de Syriens) est hostile au régime de Bachar al-Assad, qui l’a réprimée, mais se méfie de l’opposition qu’elle juge peu encline à reconnaître sa spécificité.

 

“Dans les zones d’où les rebelles ont chassé l’armée, il y a un vide en matière de sécurité. Certains des combattants ne souhaitent pas du tout la démocratie. Ce sont juste des seigneurs de guerre qui profitent du chaos“, a dénoncé le président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

 

jeudi 1er novembre 2012,
Stéphane ©armenews.com

 

REVUE DE PRESSE

« Que pèsent 400 ou 500 ans de prison quand on se bat pour la liberté  

 

 

ABDULLAH DEMIRBAS.jpgCe devait être la députée Aysel Tugluk qui devait conduire la délégation. Mais l’ancienne avocate du leader kurde Abdullah Ocalan a, depuis, entamé une grève de la faim. Au sein de ce peuple qui n’a de cesse de dénoncer la répression exercée à son encontre par le gouvernement turc, il n’est pas difficile de trouver des porte-parole. Des hommes et des femmes qui ont mis leurs vies au service d’une cause collective. Sacrée. Où l’arrêt des combats entre l’armée régulière et la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PPK), retranchée dans les montagnes d’Irak, est lié au respect des droits de l’Homme. C’est donc Abdullah Demirbas, maire de Sür et membre du Parti pour la paix et la démocratie (BDP), qui a pris la tête de la délégation venue lancer un appel international depuis Ajaccio. Un élu sur qui pèsent 480 années de prison...

 

Pourquoi ce déplacement en Corse ?

 

L’invitation adressée par le président de l’assemblée de Corse, Dominique Bucchini, le PCF et l’association Amitiés Corse Kurdistan est précieuse. Elle nous permet de renforcer les liens entre nos deux peuples, bien sûr, mais aussi de lancer un vaste appel à la solidarité. Les députés kurdes ont entamé une grève de la faim. Il y a plus de 40 jours, 638 de nos détenus politiques, répartis dans 58 prisons turques, avaient engagé un mouvement similaire. Nous espérons un sursaut de la communauté internationale, l’aide de la France. Qu’il s’agisse du nouveau gouvernement socialiste ou de l’ensemble de ses élus.

 

Une grève de la faim pour quels objectifs ?

 

D’abord pour qu’il soit enfin mis un terme à l’isolement appliqué à Abdullah Ocalan. Depuis un an et trois mois, ses avocats et sa famille ne sont plus autorisés à le visiter dans sa prison. Plus généralement, nous voulons que cesse la répression exercée à l’encontre de notre peuple et que l’on respecte, ce qui devrait être du ressort de nos droits basiques. Comme la possibilité de se défendre devant un tribunal en utilisant la langue kurde... Cette solidarité tant espérée pourrait permettre de faire avancer les choses. Et éviter des morts en prison. Nos demandes ne sont pas irréalisables. Notamment pour ce qui touche à l’interdiction de visites qui frappe Ocalan.

 

Un point de non-retour entre le gouvernement turc et le peuple kurde semble avoir été atteint...

 

Il y a désormais une véritable rupture sentimentale. Le peuple kurde ne partage pas les mêmes peines que le peuple turc, et il en va de même des joies... Demander que l’enseignement de nos enfants soit assuré dans notre langue maternelle est perçu comme une manœuvre séparatiste par Ankara. Et que dire du massacre de 34 villageois kurdes à la frontière turco-irakienne lors de raids aériens de l’armée turque ? C’était le 28 décembre 2011. Trois jours plus tard, le gouvernement célébrait le Nouvel An et, depuis, rien n’a été éclairci dans cette affaire. Ce n’est pas l’indépendance que réclame le peuple kurde. Juste que ses droits soient reconnus et que nous trouvions pleinement notre place dans la nouvelle Constitution turque en cours de rédaction. Si ce n’est pas le cas, la rupture sera complète.

 

D’accord, mais que peut la Corse pour vous, en dehors d’une forme de solidarité ?

 

Beaucoup plus que ce que vous n’imaginez. Nous sommes venus échanger, notamment avec vos élus, pour bénéficier de votre expérience en terme de décentralisation. La question de l’enseignement bilingue nous intéresse beaucoup aussi. Par rapport à la future Constitution, les Kurdes portent un projet dans lequel peuvent d’ailleurs se retrouver d’autres peuples de Turquie, comme les Arméniens, les Assyriens et tant d’autres... Un projet qui est basé sur une autonomie forte, avec des pouvoirs étendus conférés aux régions, ainsi que la reconnaissance d’une identité qui passe par la langue.

 

Qu’avez-vous commis de si grave pour que vous soyez menacé de 480 années de prison par la justice turque ?

 

J’ai tout simplement réclamé la liberté pour mon peuple et d’autres peuples de Turquie par la voie démocratique. En 2007, j’ai été destitué de mon mandat de maire pour avoir édité une revue en plusieurs langues, dont le kurde. Depuis, j’ai été réélu et je poursuis mon combat. Je peux vivre sans pain, sans eau, mais pas sans liberté. Que pèsent 400 ou 500 ans de prison quand on se bat en son nom ? La liberté ne se donne pas bien souvent, il faut la gagner.

 

 

 

 
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