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19/12/2009

S'IL FAUT, ON EN FERA UN HUTIEME ET UN NEUVIEME

 l’interdiction du principal parti kurde est un revers pour Tayyip Erdogan

La décisiokurde diyarbakir.jpgn de la Cour constitutionnelle de dissoudre le Parti pour une société démocratique (DTP, kurde) vise à torpiller les efforts effectués pour régler la question kurde et à entraver la candidature de la Turquie à l’UE.

Plusieurs villes et localités du Kurdistan turc (15 millions d’habitants) ainsi qu’Istanbul ont été le théâtre de violentes manifestations en signe de protestation contre la dissolution du parti kurde DTP (Parti pour une société démocratique) par la Cour constitutionnelle turque, le 12 décembre. « La fermeture du DTP est décidée en raison de ses liens avec l’organisation terroriste et parce qu’il est devenu le point central d’activités dirigées contre l’intégrité du pays », a expliqué le président de la Cour, Hasim Kilic. L’interdiction d’activité s’étend également à 37 dirigeants et cadres du parti, dont Ahmet Türk, le président du parti. Les 21 députés du DTP ont alors décidé de quitter le Parlement.

« Comme vous le savez, nous avons déjà dit que nous n’avions aucune raison de continuer à siéger au Parlement si notre lutte pour la démocratie n’est pas prise en considération. Nous remettrons nos démissions au président du Parlement dans les plus brefs délais », a estimé Ahmet Türk. S’attendant à cette interdiction, les dirigeants de l’ex-DTP n’ont pas perdu de temps : ils ont aussitôt annoncé la poursuite de leurs activités politiques au sein d’un nouveau parti, le Parti de la paix et de la démocratie (BDPBDP 2.jpg).

La dissolution du DTP fait suite à une procédure lancée en 2007 par le procureur de la Cour de cassation, Abdurrahman Yalçinkaya, qui accuse le DTP d’être la vitrine légale du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en lutte armée contre Ankara. Ce procureur est connu pour être proche des militaires et des milieux nationalistes turcs. En 2008, il avait tenté d’obtenir l’interdiction du parti AKP (Parti de la justice et du développement, issu de la mouvance islamiste) au pouvoir, en invoquant le fait qu’il violait la Constitution laïque de la Turquie. Le moins que l’on puisse dire , c’est que cette mesure extrême a pris au dépourvu le gouvernement du premier ministre, Tayyip Erdogan. Elle est intervenue au moment où il venait de lancer son initiative d’ « ouverture démocratique », visant à accorder de nouveaux droits aux Kurdes et, à moyen terme, à mettre fin à la guérilla menée par le PKK qui, en vingt ans, a fait plus de 40000 morts. Une initiative qui s’était d’ailleurs heurtée à l’hostilité des milieux kémalistes et ultranationalistes, notamment le CHP (Parti républicain du peuple, kémaliste) et le MHP (Parti de l’action nationaliste, droite nationaliste), deux partis siégeant au Parlement. En outre, ce torpillage en règle de l’ouverture initiée par le gouvernement de l’AKP, qui ne va pas manquer de nourrir avec plus d’intensité le désespoir et la frustration des 15 millions de kurdes, est aussi un coup sévère porté à la candidature de la Turquie à l’Union européenne. Et ce, bien que le premier ministre Tayyip Erdogan ait critiqué la dissolution du DTP.

18 Décembre 2009

 

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