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16/12/2009

LA FIN DU PRINTEMPS KURDE EN TURQUIE

La fin annoncée du "printemps kurde"

 

 

Manif Kurde diyarb.jpgDeux manifestants kurdes ont été tués par un paramilitaire d’origine Kurde qui  travailler pour l’armé turc   mardi dans le sud-est de la Turquie, illustrant la tension de ces dernières semaines autour de la question kurde, attisée par la dissolution du principal parti pro-kurde.

L'homme, armé d'un fusil d'assaut, a tiré sur un groupe de plusieurs dizaines de  jeune  manifestants  en colère dans la ville de Bulanik, dans le province de Mus, dont dépend administrativement cette localité d'environ 40.000 habitants.

Le tireur a été arrêté, a précisé le responsable à l'agence Anatolie.

La foule était rassemblée sur la principale artère de la ville pour protester contre l'interdiction prononcée vendredi par la Cour constitutionnelle du parti pro-kurde DTP (Parti pour une société démocratique).

Les manifestants ont saccagé des magasins, dont celui du tireur, et une banque de la ville, où la tension est restée vive pendant des heures.

Sept manifestants ont été blessés.  Les gendarmes contrôlaient les entrées à la ville, a constaté mardi après midi un correspondant locale


Autant le verdict de fermeture par la Cour constitutionnelle du parti pour une société démocratique (DTP) que la réaction violente de la rue qui en a découlé étaient prévisibles, tant le procès ouvert il y a 25 mois était cousu de fil blanc, et tant les incidents de rues se multipliaient depuis de nombreuses semaines, un peu partout en Turquie, indiquant que le processus d’ouverture démocratique avancé par le gouvernement pour en finir avec le "problème kurde" était dans l’impasse.

Le divorce semble donc consommé, une nouvelle fois, entre les Kurdes et le pouvoir central à Ankara, et, si bien peu de commentateurs politiques semblent regretter la disparition du DTP de la scène politique, ils sont encore moins nombreux à déplorer l’avortement du projet gouvernemental d’ouverture démocratique.eylem 1.jpg

Même le retrait en bloc des députés du DTP avait été annoncé plusieurs jours avant le début des délibérations de la Cour constitutionnelle par son président, Ahmet Türk, frappé d’une interdiction d’activité politique pour cinq ans, comme plusieurs de ses coreligionnaires.

Lundi, dans une adresse au peuple kurde de Diyarbakir en forme de "retour au pays" salué par quelque 15 000 supporters, ils ont d’abord clamé "ne pas reconnaître la décision de la Cour constitutionnelle" et promis de "poursuivre la lutte" , tout en accusant le gouvernement de "ne rien comprendre à la paix" . "En nous élisant, vous nous avez envoyés à Ankara pour dire "Stop !" aux morts et à la guerre, mais nous n’avons pas pu leur expliquer la paix" , a lancé Aysel Tugluk, promettant pourtant que "la paix finira par arriver sur cette terre" .

Après trois jours d’un silence révélateur de sa gêne, le Premier ministre Tayyip Erdogan a livré son premier commentaire sur les événements de ces derniers jours, accusant la presse de "gonfler les incidents" qui se multiplient un peu partout dans le pays.

Il y a pourtant eu pas moins de quatre regroupements de partisans kurdes rien qu’à Istanbul, dégénérant en actes de vandalisme et en affrontements avec la police. Plus grave, dans le quartier de Dolapdere (centre européen de la ville), des citoyens ont exprimé leur sentiment antikurde en agressant les manifestants à coup de couteaux, de battes de base-ball et même de pistolets. Même scénario dans les villes de Mersin (côte méditerranéenne) et Malatya (est), alors que des manifestations spontanées dégénéraient simultanément dans plusieurs villes du sud-est.

Le chef du gouvernement, sans évoquer la décision de justice qui risque de plonger le pays dans le chaos et l’incertitude, a par ailleureylem.jpgs dénoncé la démission en bloc des députés du DTP, expliquant que cela revenait à "tailler un short à un bébé pas encore né" .

Il a par ailleurs promis de continuer dans ses efforts de "légiférer pour poursuivre l’ouverture démocratique" .

Il reste que, pour n’avoir pas voulu prendre langue avec les représentants nationaux de la population kurde, et avoir négligé - ou caché - tout contact, même indirect, avec la rébellion, et avoir surtout fait l’économie de la réforme constitutionnelle qui aurait pu empêcher la fermeture du parti pro-kurde, il porte avec son gouvernement la responsabilité de ce coup d’arrêt à une ouverture qui semblait possible.

Il lui faudra d’autant plus d’imagination et de courage pour la sauver d’une faillite complète.

Commentaires

très bon article qui démontre l'absence d'une réelle voloté de l'AKP pour résoudre le problème kurde. Il a été à mainte fois dit que Erdogan fait son " Shwo" que l'armée encore présente et controlant toutes les institutions de l'Etat ne laissera jamais faire. Les évenements récents démontrent que le chemin de la démocratie est encore longue . Il faut beaucoup pour que la Turquie se débarasse de l'influence de l'armée et devient un Etat civil. Pendant ce temp il faut souhaiter beaucoup de courrage au peuple kurde face à la répression extrême.

Écrit par : Seve | 19/12/2009

Merci pour votre commentaire

Malgré toute provocation de l'Etat Turc les Kurdes sont bien déterminés à faire des efforts pour instaurer la démocratie de la paix. Aucune répression de l'Etat Turc ne fera reculer la lutte du peuple Kurde. Notre peuple condamne cette répressions et provocation de l’Etat Turc et appelle à la solidarité internationale avec le peuple Kurde.

l'Addministrateur

Écrit par : ulus hasan | 19/12/2009

Merci pour l'infov,je cherchais des details là dessus depuis plusieurs jours !

Écrit par : rio | 04/07/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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