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30/09/2009

QUESTIONS KURDE, ARMENIENNE ET LA TURQUIE

Questions kurde et arménienne: rentrée politique à risques à Ankara

Le gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan fait cette semainermenikatliam.pnge une rentrée parlementaire à risques, proposant aux députés deux projets ultra-sensibles: la normalisation des relations avec l'Arménie, et une réforme en faveur de la minorité kurde.

Des débats houleux sont attendus tant sur le projet arménien, qui doit tirer un trait sur des décennies d'hostilité, que sur l'"ouverture démocratique" destinée à améliorer la situation des 12 millions de Kurdes de Turquie (sur 71 millions d'habitants).

Ces deux dossiers provoquent les protestations anticipées de l'opposition nationaliste ou sociale-démocrate.

La Turquie et l'Arménie doivent signer le 10 octobre à Zürich un accord en vue d'établir des relations diplomatiques, et rouvrir la frontière commune.

Mais les obstacles sont nombreux, à commencer par la question des massacres d'Arméniens par les Ottomans en 1915.

Ankara récuse catégoriquement la notion de "génocide" retenue par Erevan, mais également par la France, le Canada et le Parlement européen.

La Turquie a aussi fermé sa frontière avec l'Arménie en 1993 en soutien à l'Azerbaïdjan, pays turcophone et allié d'Ankara, en conflit avec Erevan pour le contrôle de la région du Nagorny Karabakh, enclave peuplée d'Arméniens en territoire azerbaïdjanais.

Sans une ratification par les parlements d'Ankara et d'Erevan, l'accord ne pourra prendre effet.

Dans le cadre des efforts de rapprochement, le président turc Abdullah Gül a invité son homologue arménien, Serge Sarkissian, au match de football Arménie-Turquie de qualification pour le mondial 2010, le 14 octobre à Boursa (ouest de la Turquie).

M. Gül avait fait en septembre 2008 une visite historique en Arménie, à l'occasion du match aller.

Concernant les Kurdes, l'objectif du gouvernement est d'éroder le soutien, au sein d'une partie de la population du sud-est du pays, dont bénéficie le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en lutte armée depuis 1984.

Selon les médias, Ankara pourrait libéraliser l'usage de la langue kurde, autoriser le retour des 12.000 Kurdes de Turquie exilés dans le camps de Makhmour, foyer du PKK en Irak, et investir plusieurs milliards de dollars dans la région pour faire reculer pauvreté et chômage.

Les milieux Kurdes réclament qu'une référence à l'identité kurde soit incorporée dans la loi fondamentale, éventualité exclue dimanche par M. Erdogan.

"Cette constitution (rédigée après le coup d'Etat de 1980) est un obstacle aux droits démocratiques. Vous n'arriverez à rien si vous ne la changez pas", a estimé Ahmet Türk, le président du DTP (Parti pour une société démocratique, pro-kurde).

Et les mentalités ne suivent pas forcément la ligne du gouvernement. Un procureur a ainsi lancé des poursuites pour "incitation à la haine" contre l'actrice Hülya Avsar parce qu'elle avait soutenu l'initiative gouvernementale, dans une interview.

Le chef emprisonné à vie du PKK, Abdullah Öcalan, a de son côté rédigé son propre plan de réformes, mais les autorités turques, qui en ont pris possession, refusent pour l'instant de le divulguer.

L'armée, qui combat le PKK, a réagi assez favorablement à la démarche gouvernementale, mais elle rappelle ses "lignes rouges": maintien de la structure unitaire de l'Etat, respect de la langue turque, refus d'une reconnaissance par la Constitution d'une identité autre que turque.

Un holà qui risque de réduire la marge de manoeuvre du gouvernement. ( 29 sept 2009)

28/09/2009

LES KURDES MANIFESTE POUR UNE PAIX HONORABLE

Des milliers de manifestants pour la paix en Kurdistan de la Turquie


guerre.jpgLe gouvernement turc va demander au parlement de renouveler l'autorisation de mener des raids contre les rebelles kurdes en territoire irakien, a rapporté dimanche l'agence Anatolie citant le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

"Nous sommes favorables à un autre renouvellement d'une durée d'un an" de cette autorisation, a déclaré M. Erdogan à New York, où il a participé cette semaine à l'assemblée générale de l'ONU, cité par Anatolie.

"Nous en parlerons lors d'un conseil des ministres et enverrons (la demande) immédiatement au parlement", a-t-il ajouté, sans préciser de date.

Le mandat actuel donné aux forces armées prend fin le 17 octobre.

La demande devrait être facilement accordée par le Parlement où le parti de M. Erdogan dispose d'une confortable majorité et du soutien de l'opposition en la matière.
guerre et bombe.jpg
Le parlement turc a déjà renouvelé une fois cette autorisation, votée initialement en 2007.

Elle permet à l'armée turque de mener des raids des deux côtés de la frontière contre les repaires du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit).

Avec l'aide du renseignement américain, l'aviation turque frappe régulièrement les bases arrière du PKK en Irak. En février
2008, l'armée de terre turque est intervenue une semaine en territoire irakien.
 

Plusieur dizain des milliers de personnes ont manifesté en faveur de la fin des violences entre l'armée et les rebelles kurdes, vendredi à Diyarbakir, la principale ville du sud-est de la Turquie, une région peuplée en majorité de Kurdes.

Plusieur dizain des millier de manifestants -des parents de rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) tués dans des affrontements avec les forces de sécurité- ont défilé à travers Diyarbakir en scandant "Les martyrs ne meurent jamais !"

"Ecoutez les pleurs de ces mères. Nous affirmons qu'aucun policier, soldat ou guérillero ne doit mourir. Vivons en paix !" s'est exclamé Hasan Pence, le président d'une association de soutien aux parents de victimes des violences.

Près de 45.000 personnes, pour la plupart des rebelles kurdes, ont été tuées depuis le début de l'insurrection du PKK.

"Ces personnes se sont battues pour leur langue, leur culture et leur identité, et en ont payé le prix. Si nous parlons de paix aujourd'hui", c'est en leur mémoire, a déclaré Pervin Buldan, une députée du Parti pour une société démocratique (DTP), la principale formation pro-kurde de Turquie.

De son côté, le gouvernement travaille depuis plusieurs mois sur un projet de réforme visant à améliorer les droits des Kurdes et à éroder le soutien dont bénéficie le PKK.(AFP, 27 sept 2009)

22/09/2009

LA TENTION MONTE, AUTOUR DE L'OR NOIR DU KURDISTAN

Bisbille autour de l’or noir du Kurdistan

Coup de projecteur sur le nord de l’Irak et son or noir. Bisbille entre la région autonome kurde et Bagdad qui ne oetrol.jpgpaie plus ses dividendes aux compagnies étrangères. Pourtant, elles restent et travaillent.

Le 1er juin dernier, le gouvernement autonome de cette région a signé de tous nouveaux contrats avec des compagnies pétrolières étrangères pour exploiter son sol. Mais plus de trois mois après, les entreprises ne sont toujours pas payées pour leurs services, de la part du KRG, le gouvernement régional du Kurdistan. Celui-ci prétexte un désaccord avec le gouvernement central de Bagdad qui considère ces contrats illégaux, car signés sans son feu vert ! Alors le paiement voit rouge : il est bloqué. Cela ne semble pourtant pas interrompre la quiétude des compagnies étrangères : elles continuent à travailler depuis le 1er juin dernier. Sans rechigner !?!

Le Kurdistan est la région irakienne la plus sûre du pays, les derniers attentats remontant à 2003. La situation de la sécurité dans la région est différente du reste de l’Irak. Alors moins de 1000 militaires américains couvrent la région, sur un total de 50 000 hommes dispersés dans tout le pays.

Ici, les forces armées US ont plutôt laissé la place à des sociétés privées de sécurité et de gardiennage, y - compris dans le pétrole. Un autre business s’est donc installé, après la première occupation des Américains en 2003, à lapetrol 1.jpg chute de Saddam.

Bordant les frontières de la Syrie, la Turquie et l’Iran, la région du Kurdistan a connu ses premières élections le 25 juillet dernier. Résultat : le président Massoud Barzani est réélu, même si une opposition est née, avec la liste Goran et son leader Noucherwan Moustapha. Le parlement a été formé le 20 août dernier et on attend toujours la formation du nouveau gouvernement. En attendant cette formation, le ministre des Ressources Naturelles, Asti Hawrami toujours en poste, refuse de parler aux médias internationaux (surtout s’il s’agit de pétrole ! ) même s’il serait probablement reconduit. Peu importe : ni micro, ni caméra. Si les journalistes veulent des informations, ils devront se contenter du livre The Oil & Gas Year (2009) dans lequel il s’est déjà exprimé et a tout dit !

 

17/09/2009

MISSILES PATRIOT POUR 7,8 MILLIARDS DE DOLLARDS

La Turquie achètera des missiles Patriot pour un montant de 7,8 milliards de dollars

fuze.jpgLe Pentagone a informé le Congrès américain d'une possible vente de batteries antimissiles sol-air Patriot (PAC-3) et d'équipements associés à la Turquie pour un montant de 7,8 milliards de dollars.

Ce projet de vente, notifié au Congrès américain par l'Agence de sécurité et de coopération de la Défense (DSCA), comprend 13 "unités de tir" Patriot, 72 missiles intercepteurs PAC-3 et une série d'équipements associés à ce système sol-air de défense aérienne, précise la DSCA dans un communiqué obtenu lundi par l'AFP.

La Turquie, seul pays membre de l'Otan possédant une frontière avec l'Iran, "utilisera ces missiles PAC-3 pour améliorer ses capacités de défense antimissile, renforcer sa défense nationale et dissuader les menaces régionales", indique le communiqué.

Les pays occidentaux soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous couvert de son programme civil, ce que Téhéran dément.

L'Iran refuse toujours de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium, malgré cinq résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU en ce sens, dont trois assorties de sanctions. (AFP, 14 sept 2009)

Pourquoi déployer des Patriot américains en Turquie, interrogent des experts

Les analystes turcs s'interrogent sur le bien fondé pour leur pays d'un projet de vente de missiles Patriot américains à la Turquie, pour 7,8 milliards de dollars, en l'absence de menace tangible sur le territoire turc et alors que l'économie locale souffre de la crise mondiale. La miser et la précarité touche la  grande majorité des populations turc et le taux de chômage, en hausse constante au cours des derniers mois, a atteint 20%, soit plus que 4 millions de personnes, pour le deuxième  trimestre 2009.

Le Pentagone a récemment informé le Congrès américain qu'il souhaite vendre des batteries antimissile sol-air Patriot (PAC-3) et des équipements associés à l'armée turque, qui depuis longtemps veut se doter d'un tel système.

Ce projet, qui, s'il devait se concrétiser, serait la plus grande acquisition d'armes jamais effectuée par la Turquie (5,3 mds d'euros), a été notifié pour approbation au Congrès américain par l'Agence de sécurité et de coopération de la Défense (DSCA).

Les Ebombe at.jpgtats-Unis sont le principal fournisseur d'armes de la Turquie.

Quatre firmes, deux américaines (dont Raytheon qui produit les Patriot), une russe et une chinoise, sont en compétition depuis avril dans un appel d'offres du gouvernement turc, qui a décidé en 2006 d'acquérir une défense antimissile, a expliqué le ministère turc de la Défense.

On ignore quand Ankara tranchera sur l'affaire, tandis que les questions fusent sur la pertinence de cet achat.

L'intérêt d'installer des missiles américains en Turquie, pays frontalier de l'Iran, en pleine crise sur la question du nucléaire iranien, semble évident pour les Etats-Unis, mais il l'est moins pour la Turquie, notent les analystes.

La Turquie "utilisera ces missiles PAC-3 pour améliorer ses capacités de défense antimissile, renforcer sa défense nationale et dissuader les menaces régionales", selon la DSCA.

Or la Turquie, membre de l'Otan, est-elle menacée par un Etat voisin? "Non" répond Ercan Citlioglu, expert en matière de terrorisme international.

"Contre quel pays seront alors dirigées ces armes?". L'Iran, qui fait régulièrement état de progrès dans le domaine de son programme balistique et que les pays occidentaux soupçonnent de vouloir se doter de l'arme nucléaire, est le premier qui vient en tête, dit-il à l'AFP.

"Washington peut considérer l'Iran comme un pays voyou, mais ce pays n'a, en aucun cas, montré des signes d'animosité envers son voisin turc", souligne l'analyste.

"Acheter des missiles ne veut pas dire qu'on attend une menace", s'est défendu le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, qui mène une politique active dite de "zéro problème" avec tous les voisins de la Turquie.
bombe nuc.jpg
L'Iran n'a pas, jusqu'à présent, réagi publiquement à ce projet de vente américaine à la Turquie.

Sedat Laçiner, directeur de l'Institut pour les recherches stratégiques (USAK), voit dans cette possible transaction la volonté de l'administration américaine d'"empêcher le rapprochement d'Ankara avec la Russie et l'Iran".

Pour ce spécialiste, les Patriot seront un moyen pour les Américains de contrôler la situation géopolitique de la région par le biais de leur puissante industrie de défense.

Et il pose la question de savoir si l'état-major turc aura de fait le plein contrôle de ces missiles.

L'acquisition de ces armes devrait par ailleurs fortement creuser la dette extérieure de la Turquie, qui s'élève à 150 mds de dollars (102 mds d'euros), dans un contexte de récession économique due à la crise mondiale.

Sauf si le paiement de ces armes est échelonné sur plusieurs années, voire aidé par le Pentagone.

"Cet achat est inutile. On peut construire 70 universités avec cet argent en Turquie", martèle Hasan Köni, professeur de relations internationales à l'Université Bahçesehir d'Istanbul. ( 16 sept 2009)

 
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