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05/09/2009

POUTCH MILITAIRE

Le 11 et 12 Septembre en Etats-Unis et en Turquie

Le 11 septeIKIZ KULELER.jpgmbre, tous les médias du monde rendaient hommage aux quelque 3.000 victimes de l'attentat contre les tours du World Trade Center. A cette occasion, la plupart des dirigeants politiques du monde étaient "américains" et condamnaient le terrorisme.
 
Or, le 11 septembre était également le 33e anniversaire du coup d'état militaire au Chili fomenté par les Etats-Unis. Plus de dix-mille personnes ont marché dans les rues de Santiago hier pour rappeler les 3200 morts et 1200 disparus qu'a laissé la longue dictature d'Augusto Pinochet.  Mais aucun de ces dirigeants politiques n'étaient chiliens hier et n'ont prononcé aucun mot pour condamner le terrorisme américain et pro-américain.
Le 11 septembre c'est le 29e anniversaire du coup d'état militaire en Turquie, fomenté toujours par les Etats-Unis. Commende par les pays impérialiste et servi par l’armé Turque gracieusement.   

Le 12 septembre 1980… Les généraux de l'Armée turque ont effectué un coup d'état militaire pour empêcher le progrès des forces civiles défendant les droits sociaux et économiques des travailleurs et les droits nationaux du peuple kurde. Le processus de démocratisation et d'adhésion à la Communauté Economique Européenne (actuellement l'Union Européenne) a été arrêté par force et le pays a été transformé en un immense camp de concentration.
 
En effet, le coup d'état du 12 septembre 1980 était la deuxième phase d'un processus de militarisation dans tous les domaines du pays.
 
Voici le bilan honteux des crimes commis par les putschistes pro-américains du coup d'état du 12 septembre:
 

•    La Constitution imposée en 1982 par la junte militaire a aboli les derniers vestiges des libertés reconnues par la Constitution de 1961.
•    Cette constitution nie les droits fondamentaux du peuple kurde et des minorités arménienne, assyrienne et grecque de la Turquie. La domination de l'Armée sur la vie politique, économique et sociale du pays a été rendue intouchable par les privilèges reconnus par cette constitution au Conseil de la Sûreté Nationale (MGK).
•    En deux ans, plus de 650.000 personnes ont été arrêtées et soumises à la torture. 500 personnes ont perdu la vie durant leur détention.
•    Des milliers de personnes ont été rendues handicapées. 210.000 procès politiques ont été ouverts devant les cours militaires.
•    Un total de 98.404 personnes ont été jugées en raison de leurs opinions.
•    6.353 personnes ont été jugées sous la menace de peine capitale.
•    21.764 personnes ont été condamnées à de lourdes peines de prison.
•    Cinquante personnes ont été exécutées à l'issue de (retirer le s) procès politiques. Des fichiers ont été ouverts sur 1.683.000 personnes.
•    348.000 personnes se sont vues refuser l'obtention de passeports.
•    Les universités ont été placées sous l'autorité du Conseil Suprême de l'Education (YOK), dépendant du pouvoir politique.
•    15.509 personnes ont été chassées de leurs postes universitaires sous la loi N°1402. 18.000 fonctionnaires, 2.000 juges et procureurs, 4.000 officiers de police, 2.000 officiers de l'Armée et 5.000 enseignants ont été forcés de démissionner. Tous les partis politiques ont été dissous. Les activités des 23.667 associations ont été arrêtées.
•    La presse a été soumise à la censure. 4.509 personnes ont été déportées par les commandants de la loi martiale. Plusieurs condamnés ont perdu la vie en prison en raison de mauvais traitements ou lors de grèves de la faim en protestation contre ces mauvais traitements.
•   
113.607 livres ont été brûlés. 39 tonnes de livres, de magazines et de journaux ont été détruites par des usines de papier de l'Etat.
•    937 films ont été interdits. 2.792 auteurs, traducteurs et journalistes ont été traduits devant les tribunaux. Le total des peines de prison prononcées contre les journalistes et écrivains s'élevait à 3.315 ans et 3 mois.


En effet, l'histoire de Turquie, de l'Empire Ottoman à la République de Turque, est l'histoire de la lutte interminable contre le terrorisme.

Au début du 20e siècle, la terreur du Sultan Rouge contre les partisans de la démocratisation est suivie par la terreur des Jeunes Turcs, avec comme point culminant, le génocide des Arméniens et des Assyriens.  Motif: lutte indispensable contre le terrorisme arménien.

Début de la République... Une République fondée avec la promesse de démocratisation… En 1925, la terreur d'Etat contre le mouvement national kurde et les organisations de gauche se déclenche. Les tribunaux Istiklal (indépendance) appliquent une série de lois répressives. Motif: lutte indispensable contre le terrorisme kurde et communiste.


Les coups d'état successifs de 1960, 1971 et 1980 sont des tournants historiques caractérisés par l'arrestation, l'emprisonnement, la torture et la pendaison de centaines de milliers d'opposants, toujours avec le même motif : lutte contre le terrorisme.KENAN EVREN.jpg

Le coup d'état du 12 septembre 1980 est la plus importante opération menée par les classes dominantes et les militaires, soutenus par les Etats-Unis, pour une militarisation forcenée dans tous les domaines du pays.

29 ans après de ce putsch sanglant, alors que l'Union Européenne marchande avec le régime d'Ankara:

Les généraux putschistes sont toujours protégés par le gouvernement et la demande des victimes pour les traduire devant des tribunaux est toujours refusée. Des écrivains et journalistes critiquant les généraux putschistes sont toujours jugés mêmes sous le nouveau code pénal. Le président de la République Abdullah GUL et d'autres dirigeants politiques ou militaires du pays rendent toujours hommage au chef de la junte, le général Kenan Evren.

La constitution anti-démocratique prônant la supériorité et le monopole de la race et de la langue turque (Articles 3, 42 et 66), imposée en 1982 par la junte militaire, est toujours en vigueur. L'Article 4 déclare que l'Article 3 ne pourra jamais être modifié et que même sa modification ne pourra être proposée. En plus, un système électoral imposant un seuil national de 10% est toujours maintenu au détriment des partis politiques représentant des opinions différentes, notamment pro-kurde ou de gauche. Ceci afin que le parti islamiste reste au pouvoir avec une majorité absolue dans le Parlement malgré un score électoral inférieur à 50%.

Malgré la soi-disant "démilitarisation" du Conseil National de la Sûreté (MGK), les militaires continuent à dicter leurs choix par les déclarations médiatisées du chef de l'Etat Major ou des commandants des forces terrestres, aériennes ou navales. De plus, le Haut Conseil Militaire (YAS), chargé de gérer le fonctionnement interne de l'Armée, continue à radier certains officiers considérés "anti-laïques" malgré l'opposition du gouvernement. Les militaires exercent leur contrôle sur la vie économique du pays par le biais de leur holding financier sui generis OYAK et d'une série d'industries de guerre.

Tout récemment, un faucon, le général Ilker Basbug a été désigné comme le chef d'Etat Major malgré le fait qu'il a couvert des opérations subversives contre les démocrates kurdes et qu'il exerce toujours des chantages militaristes et ultranationalistes contre les forces civiles.
Le nouveau code pénal turc, applaudi par l'Union Européenne, constitue toujours une menace sur la liberté de presse. Plusieurs journalistes sont toujours jugés pour insulte à l'Armée, au gouvernement ou aux forces de sécurité en raison de leurs critiques, en vertu de l'article 301 (l'ancien article 159) du CPT.
 
 L'exécution sommaire et la torture lors d’arrestations sont toujours pratiquées. Tout récemment, des manifestants kurdes ont été abattus par les forces de sécurité. De plus, les groupes ultranationalistes sont encouragés à lyncher ceux qui se manifestent pour défendre les droits du peuple kurde ou pour protester contre les conditions carcérales des prisonniers politiques...

 Le Comité anti-torture du Conseil de l'Europe, dans son rapport sur la Turquie, déclarait: «La situation des droits humains en Turquie continue d’être entachée par l’existence de procès inéquitables. Les personnes inculpées en vertu de la Loi Antiterroriste sont jugées lors de procès interminables et marqués par des irrégularités, qui sont le signe flagrant d’une justice en échec."

Malgré quelques réformes cosmétiques, les droits égaux (enseignement, expression audio-visuelle, association) ne sont toujours pas reconnus pour le peuple kurde ainsi que pour les minorités ethniques ou religieuses du pays, notamment  arméniennes, assyriennes, grecques et alévies. Toutes les initiatives pacifiques du mouvement national kurde en vue d'arriver à une solution pacifique sont systématiquement déclinées et les opérations militaires se poursuivent afin de satisfazadi.jpgaire la voracité de l'Armée et de l'industrie de guerre.

Ironie de sort… Aujourd'hui, ces mêmes personnalités, soumises aux pressions et chantages des dirigeants des Etats-Unis et de la Turquie, adoptent les mêmes législations répressives et, en ce qui concerne par exemple la Turquie se montrent solidaires non avec les victimes arméniennes, assyriennes, kurdes ou turcs du régime répressif d'Ankara, mais avec ce régime en poursuivant les opposants et en plaçant des Loups Gris ou des négationnistes dans leurs listes électorales.

Aujourd'hui, la question des droits de l'Homme en Turquie est également une question pour la l'Union Européenne.

J'espère que la coopération turco-européenne sera développée non pour le renforcement de la terreur d'Etat mais pour la liberté de tous les citoyens de Turquie.

 

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