13.06.2010
UNE AUTONOMIE POUR LES KURDES DE LA TURQUIE
Turquie : une autonomie pour les Kurdes ?
Comme chaque printemps en Turquie, les affrontements entre les guérilleros du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et l'armée turque ont repris. Débutée en 1984, le bilan de la guerre est coûteux (45 000 victimes et un coût de 100 millions de dollars). La capture du chef du PKK, Abdullah Öcalan, en février 1999 a décapité le parti, mais celui-ci a trouvé un nouveau vivier de combattants dans une génération de jeunes Kurdes heurtés par l'absence d'investissements à l'est du pays et par les brimades dont sont l'objet les formations politiques kurdes. Leurs candidats sont élus lors des différents scrutins, mais ils sont automatiquement soupçonnés d'accointances avec le PKK et d'arrière-pensée séparatiste. Ce pourrissement de la question kurde en Turquie est préoccupant.
UN STATU QUO INTENABLE
Pourtant, le contexte actuel paraît plus favorable qu'il y a dix ans à une solution au problème kurde. La Turquie connaît un véritable essor économique, sa population est jeune et bien formée, sa diplomatie est active et ambitieuse. Surtout, l'"initiative démocratique" du gouvernement conduit par Recep Tayyip Erdogan vise à favoriser une résolution politique à ce conflit lancinant. Il a déjà été accordé le droit d'enseigner la langue kurde et de diffuser des programmes audiovisuels en kurde. Le volontarisme du premier ministre turc a rencontré, d'un côté, l'hostilité des nationalistes turcs et, de l'autre, l'incrédulité des cadres du PKK. La Turquie peut-elle néanmoins se satisfaire de la non-résolution de la question kurde ? Courageuse mais insuffisante, l'"initiative démocratique" minore la conscientisation des Kurdes, leur poids démographique, leur amertume liée aux années de paix non exploitées (1999-2004), les échanges culturels avec la diaspora kurde en Europe, l'attention portée à l'expérience autonomiste au Kurdistan irakien. "Les Kurdes n'existent pas, il n'y a que des Turcs des montagnes" : ce slogan nationaliste a vécu. Le PKK n'est que la manifestation martiale d'une identité kurde revendiquée de plus en plus ouvertement, mais qui, pour la majorité des Kurdes, ne mène pas au séparatisme. S'ils observent l'autonomie kurde irakienne avec intérêt, les Kurdes de Turquie aimeraient avant tout bénéficier de l'essor économique de la Turquie et ne plus être des citoyens de seconde zone.
Une solution négociée au problème kurde pourrait passer par une réforme de la Constitution turque autorisant la création d'une autonomie administrative dans des zones à majorité kurde (éducation bilingue, fiscalité locale), qui, loin de saper l'intégrité territoriale de la Turquie, viendrait au contraire la consolider : les frontières administratives désamorceraient les frontières ethniques, de plus en plus brûlantes, avivées par le nationalisme turc, exploitées par le militantisme kurde. Le statu quo est, à moyen terme, intenable pour les deux parties. Comme préalable, il faudrait, bien sûr, qu'Ankara accepte le principe d'une négociation avec des interlocuteurs kurdes, légitimes et émancipés du PKK. Compromis modique pour sortir d'un conflit déjà sanglant, qui n'a pas encore donné toute sa mesure.
Philippe Boulanger est essayiste.
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12.06.2010
APRES L'ABORDAGE SANGLANT DE LA FLOTILLE HUMANITAIRE POUR GAZA
78% des Israéliens juifs considèrent la Turquie comme un ennemi
Plus des trois quarts des Israéliens juifs considèrent la Turquie, ancien allié stratégique d'Israël, comme un "Etat ennemi" à la suite de la crise entre les deux pays déclenchée par l'abordage sanglant d'une flottille humanitaire pour Gaza, selon un sondage publié jeudi.

A la question "croyez-vous qu'à la lumière des récents événements, la Turquie soit devenue un Etat ennemi?", 78% des personnes interrogées ont répondu par l'affirmative, tandis que 22% étaient d'un avis contraire.
Ce sondage publié par le quotidien gratuit de droite Israël Hayom ne prend pas en compte la minorité des Arabes israéliens, une communauté qui rassemble 1,3 million de personnes représentant près de 20% de l'ensemble de la population.
Par ailleurs, seules 13% des personnes interrogées se déclarent favorables à la création d'une commission d'enquête internationale sur l'abordage, le 31 mai, par la marine israélienne d'un navire turc qui faisait partie d'une flottille internationale en route pour Gaza. Cette opération, menée dans les eaux internationales, a coûté la vie à neuf passagers, huit Turcs et un Américano-turc.
Le sondage indique que 71% des Israéliens juifs soutiennent une enquête interne.
Selon ce sondage, 91% des personnes interrogées se déclarent favorables à l'interception à l'avenir de flottilles qui tenteraient de forcer le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.
Par ailleurs, 73% estiment qu'il ne faut pas lever le blocus de Gaza, contre 16% qui pensent le contraire et le reste est sans opinion.
Israël a imposé un blocus terrestre, aérien et maritime à la bande de Gaza en juin 2006 à la suite de la capture d'un soldat israélien par un commando palestinien. Cette mesure a été renforcée en juin 2007 lorsque le mouvement islamiste palestinien Hamas a pris le contrôle de l'enclave palestinienne.
Le sondage a été réalisé par l'institut "New Wave Research group" auprès de 561 personnes représentatives de la population juive d'Israël avec une marge d'erreur de 4%
00:42 Publié dans RELATION EN MOYEN-ORIENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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ZONE DE LIBRE ECHANGE; TURQUIE+SYRIE+JORDANIE+LIBAN
Turquie-Syrie-Liban-Jordanie sur la création d'une zone de libre échange
Les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, la Syrie, le Liban et la Jordanie ont signé jeudi à Istanbul un accord supprimant les visas et constituant une zone de libre échange entre leurs pays.
Leurs ministres "ont décidé d'établir un Conseil de coopération quadripartite de haut niveau et de créer un zone de libre mouvement des biens et des personnes entre nos pays", affirme l'accord.
Le document précise que ce nouveau mécanisme "sera ouvert à la participation de tous les pays frères et amis de la région".
"Il s'agit de pas très importants, historiques, vers la constitution de notre région en une zone de paix, de stabilité et de prospérité", a commenté le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu lors de la présentation de l'accord à la presse, en marge d'un sommet Turquie-pays arabes.
Dans la pratique, l'accord regroupe et étend à toutes les parties différents protocoles bilatéraux déjà existants. La Turquie a déjà passé des accords bilatéraux supprimant les visas avec les trois pays arabes concernés, et des accords de libre échange avec la Syrie et la Jordanie.
Les relations entre la Turquie et ses voisins arabes se sont développées de manière importante au cours des dernières années, sous l'impulsion du gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
Interrogé sur le rôle que pourrait jouer ce nouvel accord quadripartite comme une alternative à une adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE), avec laquelle Ankara a entamé des négociations d'adhésion en 2005, M. Davutoglu a réfuté cette possibilité.
"Le système à quatre n'est pas une alternative à l'UE (...) La Turquie est déterminée à devenir membre de plein droit de l'UE", a-t-il affirmé. (AFP, 10 juin 2010)
00:25 Publié dans RELATION EN MOYEN-ORIENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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09.05.2010
LA LUTTE PAYE!!!
Les nouvelles du monde du travail.
L'année dernière à cette époque, je vous ai écrit pour vous demander de soutenir l'appel lancé par les syndicats turcs pour leur permettre de défiler légalement à la Place Taksim à Istanbul.
Durant trente ans, le gouvernement turc a interdit les manifestations en raison d’un massacre qui a été perpétré par la force spéciale de l’état profond au cours duquel 37 personnes ont perdu la vie le 1er Mai 1977.
Les efforts déployés par les syndicats ces dernières années pour manifester à la place Taksim ont toujours été contrecarrés. Aussi récemment qu'en 2008, le siège du syndicat a été assiégé au début de la matinée et ses occupants aspergés de gaz lacrymogène. Des centaines de militants ont été arrêtés.
L'année dernière, des milliers de syndicalistes du monde entier ont envoyé des messages via LabourStart au gouvernement turc afin de soutenir l'appel des syndicats pour le droit de célébrer le 1er Mai sur la place Taksim.
Et cette année, l’autorisation a finalement été accordée.
Samedi dernier, environ 200.000 travailleurs manifestaient pacifiquement sur la place Taksim pour la première fois depuis une génération.
Ce fut une grande victoire pour le mouvement ouvrier turc.
Et c'est une nouvelle preuve que la solidarité internationale - y compris les campagnes en ligne organisées par LabourStart - fonctionne vraiment.
S'il vous plaît, si vous ne l’avez pas déjà fait, prenez un moment pour participer à nos campagnes actuelles et pour vous assurer que vos camarades sont au courant.
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14:19 Publié dans LUTTE DES CLASSES (SYNDICATS) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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